Football burkinabè : « Nous voulons une Fédération plus transparente et mieux organisée » (Oumarou Sawadogo)

À l’issue de l’ouverture de l’Assemblée générale ordinaire de la Fédération burkinabè de football (FBF) le samedi 12 septembre 2026, son président Oumarou Sawadogo a dressé le bilan de la saison écoulée et dévoilé les priorités de son mandat. Les principales priorités sont l’augmentation des subventions et des primes, la mise en place d’organes d’audit et de bonne gouvernance, la lutte contre les fausses identités et la réorganisation des structures.

Président, une Assemblée générale ordinaire s’est tenue ce matin. Quelle est l’importance de cette activité ?

Déjà, c’est une activité statutaire qu’il faut respecter. Après chaque saison sportive, il faut faire le bilan de la saison. On s’arrête, on regarde ce qui a marché, ce qui n’a pas marché, puis on se projette dans l’avenir.

Cela se fait avec tous les acteurs. Vous savez que je ne l’ai tenue qu’une seule fois dans l’année, et lorsque l’on veut en tenir une deuxième, elle doit être extraordinaire.

Depuis le début du mandat, nous avons prévu d’apprendre à rendre compte, mais aussi d’amener tous les acteurs à nous accompagner, afin que chacun dise ce qu’il attend de la Fédération et ce qu’il peut proposer pour faire avancer notre football. C’est pour cela que nous essayons de respecter les principes statutaires en tenant cette Assemblée générale.

Quels sont les principaux acquis ?

Vous l’avez entendu dans le discours : il y a une augmentation des subventions, et les primes seront doublées. Vous savez que l’équipe championne, à la fin de la saison, percevait environ 12,5 millions de francs CFA depuis une dizaine d’années.

Nous avons essayé de porter ce montant à 25 millions. C’est une bouffée d’oxygène. Même si, en tant que président de la Fédération et pour avoir dirigé des clubs, je sais que ce n’est pas grand-chose, c’est petit à petit que l’on peut atteindre un certain niveau.

Comme vous l’avez également suivi, nous avons consacré les deux premières années à rembourser des dettes. Lorsque vous serez dans la salle, vous verrez l’audit que nous avons commandité. Il donnera une meilleure visibilité sur ce dont nous avons hérité et sur le chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui. Si la santé financière continue de s’améliorer, il n’est pas exclu que ces primes soient encore revues à la hausse d’ici la fin de la saison.

Concernant l’audit, notamment celui lié à la précédente présidence, tout cela est-il pris en compte ?

Justement, cet audit sera présenté et couvre la période depuis notre prise de fonction. Aujourd’hui, nous allons également installer des organes indépendants au sein de la Fédération. Vous savez que nous avons hérité d’une Fédération qui ne disposait pas, par exemple, d’un organe chargé de l’audit et de la bonne gouvernance, alors que son importance est particulière.

Nous allons essayer de le mettre en place aujourd’hui. J’ai aussi dit qu’il fallait que la Fédération elle-même soit auditée en interne pour pouvoir avancer. Tant que vous n’avez personne pour vous contrôler en interne, vous pensez que tout ce que vous faites est correct. Il faut que quelqu’un puisse vous rappeler qu’une décision ou une sortie d’argent n’a pas lieu d’être et qu’il faut revenir dessus. Nous sommes dans cet objectif. 

Êtes-vous satisfait du travail accompli jusque-là ?

Dire que je suis satisfait, honnêtement, ce n’est pas possible tant qu’il reste du travail. L’objectif que nous nous sommes fixé est clair. Si vous avez remarqué, nous avons pu faire jouer les petites catégories, mais cela concernait la saison 2024-2025.

Il faudra maintenant s’atteler à la saison 2025-2026, puis commencer la préparation de 2026-2027. Il y a donc beaucoup d’efforts à fournir, mais nous allons continuer progressivement avec l’aide de tout le monde. Comme je l’ai dit, lorsqu’on travaille sans accompagnement, il arrive des moments de découragement.

 Quel message adressez-vous aux médias et aux acteurs du football ?

Je demande surtout à la presse, qui est un relais important, de venir à la source, de se renseigner et de dire quand c’est bien, mais aussi quand ce n’est pas bien. En revanche, dire simplement que ce n’est pas bien sans faire de propositions ne permet pas d’avancer.

Je demande donc le concours de tout un chacun. Le football n’appartient pas à la Fédération ; il appartient au peuple burkinabè. S’il y a des résultats, tout le monde en est satisfait. Si la Fédération faillit, il faut la recadrer de manière objective, en disant : « Voilà ce que nous proposons, voilà ce que nous pensons ».

Il ne faut pas transformer cela en règlement de comptes ni chercher systématiquement des responsables sans connaître les réalités. Quand on parle d’un sujet, il faut en être imprégné ; sinon, cela ne sert à rien.

 Quels sont aujourd’hui les défis persistants qui compromettent le fonctionnement de l’instance ?

Il y en a beaucoup. Actuellement, nous nous attaquons à un fléau très sérieux : la tricherie dans le football, notamment les fausses identités. Quand vous regardez notre football féminin, c’est dommage de le dire, mais il peine à émerger. Pourquoi ?

Parce que beaucoup de clubs recrutent aujourd’hui des joueuses étrangères pour atteindre leurs objectifs, mais elles ne sont pas sélectionnables dans nos équipes nationales. Il faut que les gens le sachent. On peut voir une équipe bien classée, mais lorsqu’on fait le point, on se rend compte qu’il y a très peu de joueuses nationales dans son effectif.

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Un autre défi concerne la formation des acteurs. Aujourd’hui, beaucoup s’improvisent secrétaires généraux de club sans même lire les règlements. Quand on est un acteur du football, il faut s’imprégner des réalités du football.

Nous avons envoyé les documents de l’Assemblée générale à l’avance, mais il n’est pas évident que tout le monde les ait lus. Pourtant, on vient à une Assemblée générale où des décisions peuvent être prises. Ensuite, certains contestent ces décisions alors qu’ils étaient présents au moment où elles ont été adoptées.

Enfin, il y a l’organisation. Il faut d’abord renforcer nos clubs. Si je prends mon propre cas à la Fédération, j’aime dire que j’ai un DTN, mais, en réalité, je n’en ai pas pleinement, parce que je ne dispose pas encore de tous les organes nécessaires au fonctionnement complet d’une Direction technique nationale.

Je travaille à leur mise en place. Pendant que l’on parle d’organisation d’un côté, on nous demande des résultats de l’autre. Il faut donc définir un chantier prioritaire. C’est sur cela que nous travaillons. Avec l’aide de tout le monde, nous allons parvenir à quelque chose, par la grâce de Dieu.

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