Justice/Burkina: Le dossier Issa L. Konaté/Placide Ouédraogo est renvoyé au 22 mars

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Me Halidou Ouédraogo, avocat de Issa Lohé. Ph. Archive
Me Halidou Ouédraogo, avocat de Issa Lohé. Ph. Archive

L’affaire Issa Lohé Konaté, directeur de publication de l’hebdomadaire burkinabè « L’Ouragan », condamné par la Justice burkinabè le 29 octobre 2012 à, entre autres, 12 mois de prison fermes pour diffamation, injure et outrage à magistrat, a connu une évolution le 22 février 2013. En effet, à cette date, la cour d’appel de Ouagadougou a renvoyé le dossier au 22 mars à la demande du parquet général afin de «  l’examiner au fond ». A sa sortie d’audience, l’avocat de notre confrère, Me Halidou Ouédraogo, s’est prêté à nos questions et nous vous proposons l’intégralité de ces propos. 

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« Renvoyer au 22 mars pour examiner le dossier au fond veut dire qu’il y aura un autre jugement ce jour-là. Il, parlant de notre client, est appelé donc au 22 mars prochain pour entendre examiner l’ensemble du dossier. Bien sûr qu’il y a un peu de déception à notre niveau mais nous avons confiance, il n y a donc pas de problème. Nous avons relevé appel pour qu’on réexamine le dossier parce que premièrement, nous avons trouvé que même si notre client a commis des fautes, le verdict est très sévère. Deuxièmement, c’est qu’en attendant qu’on examine le dossier au fond, nous avons introduit une demande de liberté provisoire parce que la question principale qui est posée est : comment peut-on réprimer les délits de presse sans réprimer la liberté d’expression et la liberté d’opinion ? Cette affaire se déroule à un moment où dans la sous-région, on travaille à la suppression des délits de presse. Dans les pays qui nous entoure déjà, Togo, Côte d’Ivoire et un peu partout, on n’envoie plus un journaliste en prison parce qu’il a écrit. Ici également, tout le monde a suivi la rencontre du Premier ministre avec les corps constitués quand il affirmait que la loi est presque prête, il ne reste plus qu’à l’envoyer à l’assemblée nationale. Donc dans ce cadre-là, je pense qu’ensemble, aussi bien les autorités publiques, les acteurs de la justice et de la démocratie devaient suivre le mouvement. Nous nous défendons notre client il est vrai mais il peut avoir des circonstances atténuantes. C’est pourquoi nous avons relevé appel. Notre souhait est qu’on le condamne à une peine symbole parce qu’en fait, n’oublions pas que son journal a été suspendu, il a été condamné à une peine d’amende assez lourde, près de cinq millions et en plus, c’est la première fois qu’un journaliste se voit infliger une peine de 12 mois. C’est vrai que nous nous le protégeons pas entièrement parce qu’effectivement il a commis des fautes, mais qui ne commet pas de faute ? En plus, il a demandé des excuses, des extraits ont été publiés dans les journaux, ses confrères se sont mobilisés autour de lui pour l’accompagner et demander pardon, le conseil supérieur de la communication a demandé pardon. C’est là un  ensemble de situation qu’à même qui militent en sa faveur. Nous nous venons demander tout simplement à la cour de considérer tout cet ensemble de choses et de réexaminer la question dans son ensemble. »

 

Wendyida Germaine KERE pour Burkina24

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