Modernisation de l’état civil burkinabè : « Sant’ Egidio » forme des acteurs locaux

Un atelier de formation des acteurs de l’état civil pour l’enregistrement universel au Burkina a lieu du 18 au 22 juillet 2016 à Ouagadougou. 5e du genre, c’est une initiative de l’association italienne « Sant’ Egidio » à travers son programme « BRAVO ». L’objectif principal de cette session est de mieux outiller les nouveaux acteurs locaux dans l’enregistrement des naissances.

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Un acte de naissance peut paraitre banal aux yeux du citoyen lambda, mais il est avant tout le premier acte qui confère à l’homme sa citoyenneté. La preuve de la nationalité, le droit d’être électeur et éligible, découlent de cet acte d’apparence simple.

La sincérité de la liste électorale d’un Etat est même tributaire de la fiabilité de son système d’Etat civil. Or en Afrique, les coûts de la déclaration des naissances, les difficultés d’accès aux centres de santé et aux bureaux d’état civil demeurent des facteurs aggravants de la faiblesse de l’Etat civil. Des indicateurs officiels estiment qu’en Afrique Subsaharienne, 7 enfants sur 10 ne sont pas enregistrés à la naissance.

Un phénomène qui nécessite toujours « urgence d’agir ». Au Burkina, les autorités ont entamé plusieurs campagnes d’enregistrement et de délivrance massive et gratuite d’actes de naissance. Mais les indicateurs demeurent toujours en deçà des attentes. En effet, d’un point de vue juridique, les enfants sans actes de naissance sont considérés comme des « enfants invisibles ». Et l’on note qu’au Burkina, 35% des habitants ne sont pas inscrits à l’état civil.

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L’association italienne Sant’ Egidio s’inquiète de cette situation. Partageant le défi de la construction d’un système d’état civil durable et efficace dans le monde, elle organise, à travers son programme « BRAVO » (Birth Registrion for All Versus Oblivion), une formation des acteurs de l’état civil. La session de formation se tient du 18 au 22 juillet 2016 à Ouagadougou. La cérémonie d’ouverture, ce 18 juillet, a été présidée par le secrétaire général du ministère de la justice représentant le ministre de la justice, Réné Bagoro.

« Suite aux élections municipales passées, il y a des nouveaux officiers d’état civil qui ne sont pas habitués à l’outil d’état civil d’où l’intérêt de cette formation », a indiqué Colette Guébré, Responsable de BRAVO/Burkina.

Colette Guébré, responsable de BRAVO-Burkina.
Colette Guébré, responsable de BRAVO-Burkina.

Cette rencontre vise, en fait, à promouvoir un système d’enregistrement fiable et un état civil performant. Selon les organisateurs, c’est une plateforme d’échanges et d’amélioration du système d’enregistrement pour que chaque enfant qui nait puisse avoir un acte de naissance dans les délais.

Il s’agira de former  les  acteurs de l’état civil de tous les arrondissements de Ouagadougou, les officiers de l’état civil, les agents, présidents et secrétaires des tribunaux d’arrondissement et départementaux, le personnel de la santé de la ville et les Magistrats.

« Notre défi est de développer un état civil permanent. Il ne s’agit pas seulement d’une vaste régularisation comme il y en a déjà eu dans l’histoire de nombreux pays. Il s’agit de développer les fonctionnalités de l’Etat et du système administratif afin de mettre en place un modèle définitif, de manière que l’enregistrement à l’état civil devienne une pratique durable de façon permanente, avec un système performant d’inventaire et de conservation des données », a dit Palmira Gianturco, Responsable international de BRAVO.

Le programme « BRAVO », qui travaille par ailleurs à éliminer les causes du trafic des humains et l’exploitation des mineurs, travaille au Burkina à soutenir les actions à l’enregistrement dans les maternités publiques, la sensibilisation des familles et les acteurs de la société  civile.

Pour le SG du ministère de l’administration territoriale, Roger Ouédraogo, « l’état civil permet d’enregistrement les naissances et d’enregistrer d’autres actes qui permettront aux enfants de pouvoir s’épanouir, d’exister légalement et de faire la preuve de leur citoyenneté et bénéficier des avantages sociaux qui leur sont réservés ».

Pour rappel, la communauté de Sant’ Egidio est une association internationale née en Rome en 1968 qui rassemble plus de 60.000 membres dans plus de 70 pays du monde.

Lire aussi : iCivil : La plateforme « Made in Burkina Faso » qui révolutionne le monde de l’état civil

Noufou KINDO

Burkina 24

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Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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