Programme 40.000 logements : Des promoteurs immobiliers montent au créneau contre «les agissements» de l’ASCE-LC

L’union des promoteurs immobiliers du Burkina a déploré et dénoncé «les méthodes et agissements arbitraires, rétrogrades et moyenâgeux de l’ASCE-LC» à l’endroit de certains de ses membres. C’était à la faveur d’une conférence de presse tenue ce lundi 28 novembre 2022 à Ouagadougou.

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L’union des promoteurs immobiliers du Burkina craint de voir certains acquis de ses membres être remis en cause. En effet, elle dit assister depuis quelques mois à la remise en cause, par la nouvelle direction du Centre de gestion des cités (CEGECI), des conventions, des traites et des avances de paiement accordées dans le cadre de la réalisation effective du programme 40 000 logements.

Safiatou Ouédraogo
Safiatou Ouédraogo, porte-parole de l’union.

« Ces dernières semaines, c’est l’ASCE (ndlr, ASCE-LC, Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption) qui est entrée en jeu, et qui s’acharne de manière incompréhensible sur certains d’entre nous. Sous prétexte que nous avons reçu des paiements d’avance ou des traites de la part du CEGECI, nous sommes accusés de corruption, de blanchiment d’argent et détournement de fonds. Certains d’entre nous font l’objet de mandat de dépôt et de perquisitions musclées à domicile et au bureau», a fait savoir Safiatou Ouédraogo, porte-parole de l’union.

Salamata, Ouédraogo/Congo
Salamata, Ouédraogo/Congo, membre de l’union.

Une version que corrobore Salamata, Ouédraogo/Congo, également membre et responsable de la société Africa distribution et services. «Moi personnellement, l’ASCE-LC est venue avec mains fortes chez moi le mercredi à 5 heures 45 du matin, empêchant même mes enfants d’aller à l’école. Comme quoi, ils avaient un mandat de perquisition.

Préalablement, je n’ai jamais été convoquée au parquet ni à la gendarmerie ni devant aucun juge concernant l’affaire. Ils ont foulé toute la cour sans que je ne sache de quoi on m’accuse. Au bureau, il y avait une équipe depuis 5 heures qui a empêché mes employés d’avoir accès aux locaux. Après cette perquisition au bureau, ils ont uniquement pris les lettres avec la CEGECI et m’ont demandée de les suivre à l’ASCE-LC. Arrivés, ils ont tiré une notification de mandat, que j’ai signée. Après quoi, nous sommes partis devant le juge d’instruction. C’est là-bas qu’on a lu les charges contre moi ; qu’on m’accuse de détournements, de blanchiment de capitaux.

On m’a aussi notifiée que c’est en rapport avec l’ancien Directeur général de la CEGECI, Boureima Thiombiano. Boureima Thiombiano et moi, ne nous sommes jamais rencontrés ni parlés au téléphone. Ma convention date de depuis Salouka, en 2018, le 11 décembre à Manga…A l’instant T, c’est plutôt la CEGECI qui me doit et non moi. Je ne comprends pas cette arrestation et un mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).

Il a fallu des discussions avec mon avocat, compte tenu de la santé, pour qu’on me libère sous caution», a-t-elle témoigné, laissant de même entendre qu’elle n’a pas eu cette chance comme d’autres promoteurs de se faire entendre puis relâchés plus tard par la gendarmerie.

L’union dit donc déplorer et dénoncer «les méthodes et agissements arbitraires, rétrogrades et moyenâgeux de l’ASCE-LC qui s’apparentent plus à des règlements de compte qu’à la recherche de la manifestation de la vérité» et veut plus de lumière dans cette affaire.

D’où son appel aux plus hautes autorités administratives et judiciaires. «Nous lançons ici un appel aux plus hautes autorités administratives et judiciaires afin qu’elle œuvre à préserver l’action judiciaire de l’instrumentalisation et du discrédit», a appelé Safiatou Ouédraogo.

Aussi a-t-elle invité les plus hautes autorités à veiller « à ce que cette grande force soit utilisée avec sagesse et dans les règles de l’art, afin que force reste à la loi» .

Le CEGECI, contacté par Burkina24, dit vouloir garder le silence sur la question et se réserver le droit de toutefois communiquer. Nous sommes toujours dans l’attente du retour de l’ASCE-LC, que nous avons également contactée. Affaire à suivre…

Tambi Serge Pacôme ZONGO

Burkina 24

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Serge Pacôme ZONGO

Tambi Serge Pacôme ZONGO, journaliste s'intéressant aux questions politiques et de développement durable.

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