Russie : Les femmes sans enfants orientées vers des consultations psychologiques face à la chute de la natalité

Face à une natalité historiquement basse, les autorités de la Russie durcissent leur stratégie démographique. Désormais, les femmes ne souhaitant pas avoir d’enfants sont encouragées à consulter un psychologue, une mesure qui suscite de vives critiques, informe La presse Ca.
Le pays enregistre un taux de fécondité d’environ 1,4 enfant par femme, bien en deçà du seuil de renouvellement des générations fixé à 2,1. Une situation préoccupante pour le Kremlin, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et ses répercussions économiques et sociales.
Le président Vladimir Poutine alerte régulièrement sur les risques d’un déclin démographique, qu’il associe à une menace pour l’avenir du pays.
Depuis fin février 2026, le ministère russe de la Santé recommande aux médecins d’orienter les femmes sans projet d’enfant vers une consultation psychologique, dans le cadre d’un suivi de « santé reproductive ». L’objectif affiché est de promouvoir une perception plus positive de la maternité.
Cette initiative s’inscrit dans une série de mesures visant à relancer la natalité, après des politiques d’incitation financière jugées insuffisantes. Elle intervient également dans un contexte de restriction accrue de l’accès à l’avortement et d’interdiction de la « propagande » du refus de maternité dans les médias.
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Plusieurs femmes interrogées dénoncent une politique intrusive et inefficace. À Moscou, certaines évoquent des raisons économiques, sociales ou personnelles pour expliquer leur choix de ne pas avoir d’enfants.
Le coût de la vie, les difficultés d’accès au logement, l’instabilité économique et le manque de sécurité figurent parmi les principaux freins. D’autres mettent en avant une faible implication des pères dans l’éducation des enfants et un taux de divorce élevé.
Pour certains experts et citoyens, ces mesures risquent de stigmatiser les femmes ne souhaitant pas ou ne pouvant pas avoir d’enfants.




