Inondation à Accra et Abidjan : Plus d’une trentaine de morts enregistrées
Le bilan des inondations qui ont paralysé les capitales ivoirienne et ghanéenne, Abidjan et Accra, est estimé à ce jour à 32 personnes soit 20 morts à Abidjan contre 12 à Accra, alors que plusieurs personnes restent portées disparues.
Les pluies torrentielles survenues le lundi 29 juin 2026 ont provoqué d’importants dégâts humains et matériels à Abidjan en Côte d’Ivoire et Accra au Ghana. La forte précipitation à l’origine de l’importante montée d’eau ont laissé des allures de champ de bataille à ces deux capitales côtières.
A Abidjan, une vingtaine de personnes ont perdu la vie en 48 heures de pluie, à en croire, le bilan provisoire communiqué par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, à l’issue d’une réunion d’urgence présidée par le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, lundi.
« Pour les deux jours que nous venons de vivre, nous enregistrons, à ce stade, une vingtaine de morts et les opérations de recherche se poursuivent », a déclaré le ministre, précisant que ce bilan demeure provisoire.
Dans la capitale ghanéenne, « le bilan est désormais d’au moins 12 morts », a indiqué Alex King Nartey, porte-parole du Service national des pompiers, cité par les médias locaux. Il précise, par ailleurs, que ce chiffre pourrait encore augmenter. Parmi les victimes figurent un couple marié ainsi qu’une mère et son enfant.
A sa suite, Rashid Kwame Nisawu, commandant régional des pompiers du Grand Accra, explique que ce sont plus de 400 personnes qui ont été secourues. « Nous avons réussi à secourir beaucoup de monde », a-t-il déclaré.
Le principal parti d’opposition, le Nouveau Parti patriotique (NPP), a vivement critiqué la gestion de la catastrophe par le gouvernement, dénonçant des défaillances dans la coordination des secours. Le ministre de l’Intérieur, Mohammed Muntaka Mubarak, a reconnu que la réponse des autorités aurait pu être plus efficace. « Nous sommes profondément attristés par ces pertes humaines », a-t-il déclaré lors d’une interview télévisée.
Face à l’ampleur des dégâts, le président ghanéen John Mahama a ordonné le déblocage immédiat de 300 millions de cédis (près de 29 millions de dollars) issus des fonds d’urgence afin de financer les opérations de secours et les mesures de prévention des inondations. Il a également demandé le déploiement de l’armée et de la police en renfort des équipes de secours.
Selon le chef de l’État, près de 140 millimètres de pluie sont tombés sur Accra en une seule journée, soit les plus fortes précipitations enregistrées depuis plusieurs années et près de trois fois le record de l’année précédente. Il a attribué cette situation aux effets du changement climatique, tout en dénonçant les constructions illégales qui obstruent les cours d’eau. Il s’est engagé à lancer une vaste opération contre ces installations après s’être rendu dans les quartiers sinistrés.
Ces deux métropoles ouest-africaine, Abidjan et Accra, sont régulièrement frappée par des inondations durant la saison des pluies. Les experts attribuent l’aggravation du phénomène à l’urbanisation rapide, aux systèmes de drainage obstrués et aux constructions érigées sur des zones humides.
Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU
Correspondant de Burkina 24 en Côte d’Ivoire




