Burkina Faso : L’identité biométrique au cœur de la sécurisation des diplômes

Le Burkina Faso commémore, ce mercredi 16 septembre 2026, la 7e édition de la Journée internationale de l’identité, communément appelée « ID DAY ». Cette célébration, qui met en lumière les enjeux liés à l’identification légale des personnes, s’intéresse cette année à un domaine particulièrement sensible : la sécurisation des diplômes académiques et professionnels. Placée sous le thème « Intégration de l’identification de base et de la biométrie dans la gestion et la sécurisation des diplômes académiques et professionnels », cette édition met en évidence le rôle que peuvent jouer les outils d’identification dans la lutte contre la fraude documentaire et le renforcement de la confiance dans les titres délivrés par les établissements de formation.
Instituée en 2018, la Journée internationale de l’identité est commémorée chaque 16 septembre. Au Burkina Faso, cette journée intervient dans un contexte marqué par la volonté des autorités de renforcer les mécanismes d’identification des citoyens et de moderniser les services publics.

Selon le ministre de la Sécurité, commissaire divisionnaire de police, Mahamadou Sana, cette célébration intervient au moment où le Burkina s’est lancé dans un vaste processus de refondation et de transformation de son État, avec une ambition claire : renforcer son autonomie de décision, moderniser l’administration publique et restaurer, dans la durée, la confiance entre les citoyens et les institutions.
“Dans cette perspective, l’identité ne saurait être réduite à une simple formalité administrative. Elle constitue l’un des fondements de la citoyenneté, de l’accès au droit, de l’équité de la justice sociale et de la sécurité nationale. C’est à l’aune de cette vision que l’édition 2026 de la journée internationale de l’identité est consacrée à une problématique de portée stratégique : Intégration de l’identification de base et de la biométrie dans la gestion et la sécurisation des diplômes académiques et professionnels”, a-t-il salué.
Le ministre a souligné que l’assainissement du fichier des agents publics et les contrôles intensifiés ces dernières années ont révélé une préoccupation qui dépasse largement la seule gestion administrative : celle de la fiabilité et de la valeur probante des titres délivrés par le système éducatif et de formation.“Un diplôme académique ou professionnel n’est pas un simple document. Il matérialise un parcours, consacre un mérite, atteste d’une compétence et reconnait la valeur de travail accompli”, a-t-il déclaré.
Selon le ministre, lorsque l’authenticité d’un diplôme est compromise par la fraude ou la falsification, ce n’est pas seulement une pièce administrative qui est altérée. Les conséquences peuvent toucher directement le principe d’égalité entre les citoyens et la confiance accordée aux institutions.
“Le principe de l’égalité des chances est fragilisé, le mérite est dévalorisé et la confiance à nos institutions se trouve atteinte. Dans les secteurs les plus sensibles de la vie nationale, le recours à des titres usurpés, falsifiés ou insuffisamment vérifiés peut en outre avoir des conséquences directes sur la qualité des services publics et dans certains sur la sécurité de nos populations”, a-t-il appuyé.
Pour le ministre de la Sécurité, la sécurisation des parcours et des qualifications apparaît ainsi comme une exigence de bonne gouvernance, mais aussi comme un acte de protection du mérite et de l’avenir de la jeunesse.“Cette exigence trouve naturellement son prolongement dans la dynamique confédérale des États du Sahel. En instituant une carte d’identité biométrique et passeport AES, les trois chefs d’États ont posé les bases d’un espace de confiance partagé fondé sur une identification fiable des citoyens, la facilitation de leur mobilité et le renforcement de la sécurité collective”, a-t-il soutenu.

Du côté des établissements d’enseignement supérieur, la question de l’identification apparaît également comme un préalable à une meilleure authentification des titres académiques. Pour le président de l’Université Joseph Ki-Zerbo, Pr Antoine Béré, l’authentification d’un diplôme commence d’abord par la certitude de l’identité de la personne qui le détient.
Il a ajouté que la réflexion entamée par l’ONI, si elle aboutit, pourrait permettre de disposer de diplômes davantage sécurisés. L’objectif serait notamment de faciliter les contrôles et de réduire les risques de fraude grâce à une interconnexion des données relatives à l’identité et au parcours académique ou professionnel.
“L’idée c’est d’arriver à une base de données communes au niveau du Burkina Faso notamment l’identification de base nom, prénom, lieu de naissance, et également les diplômes de parcours professionnels ou académiques de la personne concernée. Si cette base venait à avoir le jour, il va de soi que ça va permettre d’automatiser les vérifications”, a-t-il encouragé.
Cette approche pourrait ainsi permettre de rapprocher l’identité biométrique du détenteur d’un titre de son parcours de formation, afin de faciliter la vérification de l’authenticité des diplômes. Elle s’inscrit également dans une dynamique plus large de numérisation et de sécurisation des données administratives.

Le directeur général de l’Office national de l’identification (ONI), Arzouma Daouda Parfait Louré, a pour sa part rappelé que la Journée internationale de l’identité constitue une occasion de sensibiliser les États et les populations sur l’importance de l’identité légale. “L’importance capitale pour chaque individu de disposer d’une identité reconnue”, a-t-il indiqué, rappelant que le Burkina Faso célèbre la « ID DAY » depuis 2020.
Il a ajouté que la particularité de cette édition réside dans la réflexion consacrée à la sécurisation des diplômes, à travers une meilleure intégration des mécanismes d’identification et des technologies biométriques.
Au-delà de la commémoration, cette 7e édition place donc au centre des échanges la nécessité de renforcer la fiabilité des documents attestant les parcours scolaires, universitaires et professionnels. Une démarche qui vise à préserver la valeur des diplômes, à renforcer la confiance dans les institutions de formation et à contribuer à une administration davantage fondée sur des données fiables et vérifiables.
Lire également👉Carte biométrique AES : « Ce sera une carte d’identité de haute facture sécurisée qui est pratiquement infalsifiable »
W.S
Burkina 24




