Énergie, mines, pétrole : Le Burkina, le Mali et le Niger accélèrent l’harmonisation de leurs politiques au sein de l’AES
En marge de la SAMAO, la première édition de la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES) s’est tenue le mercredi 16 septembre 2026. Les ministres du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont échangé sur les moyens d’harmoniser leurs politiques dans les secteurs de l’énergie, des mines et des hydrocarbures, avec un accent particulier sur la transformation locale des ressources et la mutualisation des infrastructures.
La course mondiale aux ressources énergétiques et aux minerais critiques pousse les États de l’Alliance des États du Sahel (AES) à revoir leur approche. Dans un contexte marqué par la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement et les enjeux de souveraineté, les trois pays souhaitent désormais renforcer leur coopération dans les secteurs stratégiques de l’énergie, des mines et du pétrole.
C’est dans cette perspective que s’est tenue, mercredi 16 septembre 2026, la première édition de la SEMH-AES, autour du thème « Harmonisation des politiques énergétiques, minières et pétrolières dans l’espace AES : enjeux, défis et perspectives ».
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L’objectif affiché est d’aller au-delà des cadres de coopération existants pour favoriser une intégration plus poussée des ressources stratégiques. Cette démarche repose notamment sur la souveraineté économique et énergétique, la transformation locale, l’industrialisation, la diversification des économies, la mutualisation des infrastructures et la création de chaînes de valeur régionales.
Pour Mahaman Laouan Gaya, expert africain dans le domaine de l’énergie et des hydrocarbures, la priorité ne consiste plus uniquement à exploiter les ressources extractives.
« La question n’est plus de savoir comment exploiter nos ressources extractives, c’est maintenant comment les transformer en instrument de souveraineté, d’industrialisation, d’intégration régionale, de puissance économique et surtout de diversification économique », a-t-il expliqué.

Selon lui, les nouvelles orientations s’appuient sur des acquis régionaux et continentaux, mais traduisent également une volonté d’élargir le champ de la coopération.
« Nous passons progressivement de la coopération et de l’harmonisation structurelle à une ambition plus large », a-t-il souligné.
Le Burkina Faso mise sur des projets communs
Le ministre burkinabè de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zagré Gouba, a estimé que les États de l’AES doivent désormais privilégier des actions concrètes. « On ne peut pas faire les mêmes choses et s’attendre à des résultats différents », a-t-il fait valoir.
Pour le ministre, les politiques et cadres harmonisés élaborés par le passé sont parfois restés au stade des documents théoriques. L’ambition actuelle consiste donc à traduire la vision des trois chefs d’État de l’AES en projets opérationnels.
Il a notamment insisté sur l’importance des projets mutualisés dans le secteur énergétique. L’interconnexion entre les trois pays passe, selon lui, par le développement des capacités de production dans chaque État et par la réalisation d’infrastructures communes capables de répondre à une demande énergétique en constante progression.
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Le ministre malien des Mines, Pr Amadou Keïta, a, pour sa part, mis en avant l’évolution de l’approche minière des États de l’AES.
Selon lui, les codes miniers adoptés dans les années 1990 étaient largement inspirés par les orientations des bailleurs de fonds. La nouvelle approche entend couvrir l’ensemble de la chaîne, depuis la gestion et l’exploitation des ressources jusqu’à leur transformation et leur consommation.
Cette évolution constitue, à ses yeux, l’une des principales différences entre les nouvelles politiques minières défendues par les États de l’AES et les approches antérieures.
Harmoniser ne signifie pas uniformiser
Du côté du Niger, le ministre du Pétrole, Amadou Tinni, a tenu à distinguer harmonisation et uniformisation. Selon lui, harmoniser consiste à faire converger les États autour de principes généraux communs, notamment en matière de cadres réglementaires, de redevances, de stratégies juridiques et de négociations avec les grandes compagnies opérant dans les secteurs minier et pétrolier.
« On doit pouvoir s’aligner au niveau des textes, trouver des solutions à travers les organes qui vont produire ces textes, et instruire les sociétés nationales à aller de l’avant, sur la base des conclusions attendues en fin de semaine », a-t-il indiqué.
Les échanges de la SEMH-AES ont également permis d’identifier plusieurs pistes de coopération concrète. Parmi elles figurent la constitution de stocks stratégiques mutualisés, la sécurisation des corridors logistiques régionaux et la mise en place d’un marché commun regroupant près de 80 millions de consommateurs.
Aminata Catherine SANOU
Létitia KATIOU (stagiaire)
Burkina 24




