Développement : Catholic Relief Services dans la « durabilité »

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Présent sur le territoire burkinabè depuis 1963 le Catholic Relief Services (CRS) marque ses actions du sceau de la durabilité. En visite au Burkina, son président Sean Callahan, accompagné de la directrice régionale Afrique de l’Ouest Jennifer Overton (basée à Dakar), s’est rendu dans la province du Namentaga pour voir  les réalisations des projets implémentés. Des programmes dont  les retombées de l’un, arrivé à terme en 2009, continuent d’être perçues par les communautés qui en ont bénéficiés.

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Financé à hauteur de 38 milliards de francs CFA par l’agence américaine de développement USAID, le programme d’assistance au développement (DAP) a été exécuté de 2004 à 2009. Mais tout n’a pas pris fin tout de suite après l’échéance du projet. En effet, sur le site maraîcher de Tougouri, les 171 bénéficiaires dont 81 hommes et 90 femmes suite à l’aménagement et à la répartition de la superficie de 9 hectares, continuent de mener leurs activités de subsistance.

Ils parviennent à subvenir à leurs besoins de nutrition

C’est le cas de Pascaline Singbéogo, une productrice modèle d’oignons sur ledit site. Cela fait 11 ans qu’elle fait du maraîchage sur le site aménagé dans le cadre du programme DAP. Une activité qui lui permet de subvenir à ses besoins  et à ceux de ses proches, notamment les enfants. « Quand on récolte l’oignon, on sème le maïs. On peut vendre l’oignon et payer la scolarité des enfants. S’il y a d’autres besoins, on peut vendre et y remédier. Ça nous aide beaucoup à nous en sortir, à gérer nos problèmes, nos ennuis », confie-t-elle. Sauf quand elle est contrainte à brader sa récolte, Pascaline Singbeogo déclare qu’elle peut obtenir 100 à 150 000 F CFFA par récolte d’oignons.

Pascaline Singbéogo, une productrice modèle d’oignons sur le site maraîcher de Tougouri

Tout comme Pascaline, Kafando Karim, représentant des producteurs du site maraîcher de Goudrin, a une portion qu’il exploite sur ce site réalisé dans le cadre du programme Families achieving sustainables outcomes (FASO) ou les « Familles réalisent des acquis durables » en français. Sur ce périmètre, une superficie de 7,61 ha subdivisée en 103 parcelles, 36 femmes ont des portions sur lesquelles elles s’adonnent au maraîchage depuis 2016.

« Au départ, se remémore-t-il, nous souhaitions ne produire que du riz sur le périmètre dans le cadre du projet. Mais comme il ne pleuvait pas assez, les gens souffraient. Nous avons demandé à ce qu’on nous soutienne pour la production de l’oignon ». Ils ont eu gain de cause. L’impact ? « Nous parvenons à avoir à manger et à subvenir aux besoins de nos enfants. S’il n’y avait pas cette possibilité, au village, il n’y a pas de travail. Le revenu des récoltes sur le site nous aide énormément ». Et pas seulement !

Fixer les jeunes

Karim Kafando, qui a été par le passé orpailleur,  réalise aujourd’hui, les risques auxquels il s’exposait en acceptant de se retrouver à près d’une centaine de mètres sous terre, minimisant la probabilité de se retrouver enseveli sans possibilité d’y être extirpé.  « Ça aide à fixer les jeunes. Nombreux sont ceux qui vont sur les sites d’orpaillage avec tous les risques que cela comporte. Moi-même j’ai travaillé sur des sites. En raison de la souffrance, des risques, j’ai laissé tomber pour revenir travailler sur le site maraîcher. Ici, même si tu ne gagnes pas, tu as la santé. Mais dans les trous, les tranchées de 78 mètres de profondeur et creuser, s’il y a effondrement, c’est fini », relativise-t-il.

Faire de la riziculture en période de pluies et le maraîchage en saison sèche ont été rendus possibles dès le départ.  L’idée,  explique Amidou Traoré, chargé de programme agriculture et moyens de subsistance à CRS Burkina, c’est de permettre aux producteurs de « tirer doublement profit de l’espace qu’ils ont ». Près d’une dizaine d’années après la fin du programme DAP, il se réjouit de constater que « les gens continuent d’exploiter le site par leurs propres moyens » et de gérer  les difficultés qui surviennent au nombre desquelles la prise en charge de tout le fonctionnement comme les réparations de la motopompe et bien d’autres aspects.

« Nous avons été bien accueillis par la communauté »

« Bien accueillis ». Tous ces acquis font partie des raisons qui ont prévalu à la visite en terre burkinabè de Sean Callahan, président de CRS. Il est accompagné par Jennifer Overton, la directrice régionale Afrique de l’Ouest. Comme tous les étrangers qui font l’amitié de visiter le Burkina Faso, les populations visitées lui ont témoigné du plaisir qu’ils ont de le recevoir.

« Nous avons été bien accueillis par la communauté », a indiqué Sean Callahan qui se réjouit pour sa part de la présence de CRS au Burkina Faso depuis de nombreuses années,  travaillant avec l’église et le gouvernement. Et le Chief executive officer de CRS d’annoncer : « nous entendons poursuivre notre travail ici en assistant les gens. Nous continuerons à écouter les besoins, les doléances des gens et nous essayerons d’y apporter des réponses».

Le ’’miroir de la santé du village’’     

CRS intervient également dans le domaine sanitaire. Le volet santé-nutrition est en effet pris en compte dans le programme FASO.  A travers l’outil novateur qu’est le Community Giant scorebaord (CGS) ou le « mur de la santé » ou encore « mur qui parle »,  la communauté arrive à mesurer les résultats qui se produisent en matière de changement de comportements. Cinq localités du district sanitaire de Tougouri dont Pilga connaissent l’implémentation du projet.

Selon les explications de Marguerite Saka, chargée de projet santé-nutrition à CRS Burkina, le nom ’’mur de la santé’’ ou ’’miroir de la santé du village’’ a été attribué par les communautés « tout simplement parce que ça reflète la santé, particulièrement la santé de la mère et de l’enfant ». Et si pour certains, l’appellation « mur qui parle » sied mieux, c’est parce que, dit-elle, « quand vous voyez le mur, vous savez tout de suite quels sont les comportements en matière de santé que les gens ont vis-à-vis de la mère et de l’enfant ».

Une mère-leader expliquant les images figurant sur l’autre face du mur qui représente le miroir de santé du village de Pilga

En raison des intempéries, le mur de Pilga a fini par être construit à base de ciment pour le rendre plus durable en faisant certaines modifications et en y mettant des plaques de fer avec les images. Sur les deux faces du mur, il y a deux images de part et d’autre sur la malnutrition et la consultation prénatale. « Vous avez des images de situations désirées, c’est-à-dire, ici vous avez l’image d’un enfant qui est bien content ‘situation qu’on désire’ et de l’autre côté,  les images non-désirées. La situation que le village voudrait éliminer. Au-dessus du cadre, vous avez dix trous avec 10 bâtonnets. Chaque bâtonnet représente une valeur de 10% », décrit Marguerite Saka.

Au début du programme, rappelle-t-elle, le taux de situation désirée était de 80% (soit 20% de malnutrition)  avant de passer actuellement à 100%. « Actuellement dans ce village (Pilga), a-t-elle déclaré, vous ne pouvez plus trouver une enfant malnutri depuis plus d’un an ».

De l’autre côté du mur, est représentée la situation de la consultation prénatale. En optant de la faire figurer sur le miroir de la santé du village, « nous voudrions que chaque femme enceinte dans ce village puisse suivre quatre consultations prénatales durant toute sa grossesse », a justifié Marguerite Saka. Avec au départ, 10% de situation désirée, c’est-à-dire que tous les 9 bâtonnets étaient rouges, la situation a évolué pour atteindre à 100% de situation désirée. « Grâce aux efforts de la communauté ».

Oui Koueta

Burkina24

« L’église ensemble avec le gouvernement sont en train d’assister les communautés locales dans la production »
vous avez l’image d’un enfant qui est bien content ‘situation qu’on désire’ et de l’autre côté les images non-désirées
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Oui Koueta

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