Télécommunications : Le Mali reprend le contrôle majoritaire de la SOTELMA face à Maroc Telecom

L’État malien redevient l’actionnaire majoritaire de la Société des télécommunications du Mali (SOTELMA). À l’issue d’un accord stratégique conclu avec Maroc Telecom, Bamako porte sa participation de 49 % à 56 % du capital de l’opérateur historique, mettant fin à dix-sept années de contrôle majoritaire du groupe marocain.
Cette recomposition du capital marque un tournant majeur dans le secteur malien des télécommunications. En 2009, le Mali avait cédé 51 % des parts de la SOTELMA à Maroc Telecom pour près de 180 milliards de FCFA, dans le cadre de la plus importante opération de privatisation réalisée dans le pays.
Avec ce nouvel accord, l’État reprend la majorité des droits de vote et renforce son contrôle sur l’opérateur historique, qui exploite notamment les marques Malitel et Mobicash. Maroc Telecom demeure actionnaire de référence, mais perd sa position majoritaire.
Ce retour de l’État s’inscrit dans la politique des autorités visant à renforcer le contrôle national sur les secteurs jugés stratégiques. Après les mines et l’énergie, les télécommunications deviennent à leur tour un levier de souveraineté économique et numérique.
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Dans le cadre de cet accord, la SOTELMA a également obtenu le renouvellement de sa licence d’exploitation pour une durée de 15 ans, moyennant un paiement de 160 milliards de FCFA au profit de l’État malien.
Cette évolution pourrait inspirer d’autres pays de la sous-région qui réévaluent les privatisations réalisées au cours des années 2000. Avec l’essor du mobile money, de la connectivité numérique et des futurs réseaux 5G, les opérateurs historiques sont désormais considérés comme des actifs stratégiques.
Au Mali, la SOTELMA reste en concurrence avec Orange Mali, principal acteur du marché des télécommunications. Le renforcement du contrôle de l’État pourrait désormais orienter davantage les investissements vers les priorités nationales, notamment l’extension de la couverture des zones rurales, l’amélioration de l’accès aux services numériques et le développement de la souveraineté technologique.
Pour Maroc Telecom, cette nouvelle configuration permet de conserver une présence opérationnelle sur le marché malien tout en s’adaptant à un nouvel équilibre capitalistique. Le groupe devra désormais préciser les conséquences financières et stratégiques de cette opération lors de ses prochaines communications aux investisseurs.




