Rwanda : Kigali confirme des discussions avec des pays européens sur le transit de migrants expulsés

Le Rwanda a confirmé, selon le média sudouest, le vendredi 7 août 2026, avoir engagé des discussions préliminaires avec plusieurs pays européens en vue d’accueillir temporairement des migrants expulsés ou refoulés d’Europe. Aucun accord n’a toutefois encore été conclu, selon le gouvernement rwandais.
« Nous avons entamé des discussions préliminaires avec certains pays européens, mais rien n’a encore été décidé », a déclaré la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, sans préciser les pays concernés. Cette annonce intervient alors que Kigali dispose déjà d’une expérience dans ce domaine. En 2022, le Rwanda avait conclu un accord controversé avec le Royaume-Uni, alors dirigé par le conservateur Boris Johnson.
Le projet prévoyait l’envoi au Rwanda de migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni, afin que leurs demandes d’asile y soient examinées. Le dispositif avait toutefois été fortement contesté. En 2023, la Cour suprême britannique avait jugé le projet illégal, notamment en raison du risque que les demandeurs d’asile soient renvoyés vers des pays où ils pourraient être exposés à des persécutions.
À son arrivée au pouvoir en 2024, le Premier ministre travailliste Keir Starmer avait mis fin au projet, le qualifiant de dispositif « mort et enterré ». Selon Yolande Makolo, l’une des options actuellement évoquées serait de s’appuyer sur le centre de transit d’urgence de Gashora, situé dans l’est du Rwanda.
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Ce centre avait notamment accueilli, à partir de 2019, des migrants bloqués en Libye. Kigali affirme que le dispositif avait permis de mettre à l’abri plusieurs milliers de personnes. La porte-parole du gouvernement rwandais explique que le centre pourrait accueillir des familles qui bénéficieraient notamment de soins médicaux, de formations et d’un temps de repos.
Les personnes concernées pourraient également y voir leurs demandes d’asile examinées. Selon Kigali, elles pourraient ensuite retourner dans leur pays d’origine, lorsque les conditions de sécurité le permettent et si elles le souhaitent, ou être réinstallées dans d’autres pays.
Kigali n’a, pour l’heure, donné aucun calendrier ni précisé les modalités qui pourraient encadrer d’éventuels accords avec les États européens. Les discussions interviennent dans un contexte européen marqué par la volonté de plusieurs gouvernements de renforcer les politiques de retour des migrants déboutés du droit d’asile.
En juin 2026, le Parlement européen a approuvé un règlement sur les retours de personnes dont la demande d’asile a été rejetée. Le texte ouvre notamment la possibilité pour les États membres de conclure des accords avec des pays situés en dehors de l’Union européenne pour y établir des centres destinés aux personnes faisant l’objet de procédures de retour.
Cette perspective suscite toutefois l’inquiétude des organisations de défense des droits humains, qui redoutent notamment des atteintes aux droits des demandeurs d’asile et aux garanties prévues par le droit international.
En avril 2026, plusieurs pays européens, dont le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne et les Pays-Bas, avaient déjà été cités parmi les États étudiant la possibilité de conclure de tels accords avec des pays tiers, dont le Rwanda. Pour Kigali, les discussions restent à ce stade préliminaires. Aucun accord formel avec un pays européen n’a encore été annoncé.




