Dette intérieure : Le Burkina mise sur ses ressources domestiques pour réduire sa dépendance aux financements extérieurs

Malgré un encours de plus de 5 000 milliards de FCFA à fin 2025, l’État poursuit ses efforts de remboursement et privilégie de plus en plus la mobilisation des ressources sur le marché intérieur pour financer ses besoins.

Le Burkina Faso se tourne de plus en plus vers son propre marché pour financer ses besoins. C’est l’un des principaux enseignements du Bulletin statistique de la dette publique de Mars 2026, publié par la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique. Le document, qui présente la situation de la dette à fin décembre 2025, révèle une progression continue du poids de la dette intérieure dans le portefeuille de l’État.

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À fin décembre 2025, l’encours de la dette de l’Administration centrale a atteint 8 692,67 milliards de FCFA, contre 8 029,60 milliards un an auparavant, soit une hausse de 8,3 %. Mais derrière ce chiffre global se dessine une évolution particulièrement significative : la dette intérieure représente désormais 59,8 % du portefeuille, contre 40,2 % pour la dette extérieure. Son encours s’établit à 5 196,02 milliards de FCFA, en hausse de 8,8 % sur un an.

Cette évolution traduit surtout le recours significatif de l’État au marché financier régional pour couvrir ses besoins de financement. En 2025, les émissions et tirages sur ressources intérieures ont atteint 1 551,08 milliards de FCFA, contre 527,38 milliards de FCFA de tirages sur les ressources extérieures. Les financements domestiques ont ainsi représenté près de trois fois les ressources extérieures mobilisées au cours de l’année.

Un effort de remboursement qui se poursuit

L’État ne se contente pas d’emprunter. Il rembourse également des montants importants. En 2025, le service total de la dette de l’Administration centrale s’est élevé à 1 343,66 milliards de FCFA, dont 1 134,58 milliards pour la dette intérieure, soit 84,4 % du total. Sur cette enveloppe, 846,54 milliards de FCFA ont servi au remboursement du principal de la dette intérieure et 288,04 milliards au paiement des intérêts et commissions.

La progression de la dette intérieure ne signifie donc pas nécessairement un désengagement de l’Etat vis-à-vis des partenaires extérieurs. En 2025, le Burkina Faso a signé pour 697 milliards de FCFA de conventions de prêts extérieurs, tandis que 527,38 milliards ont effectivement été décaissés. Mais les chiffres montrent clairement un rééquilibrage en faveur des ressources domestiques. Dans un contexte où l’accès aux financements extérieurs peut être plus contraint, le marché intérieur apparaît comme un moyen de financement de plus en plus important pour l’État burkinabè.

Salifou OUEDRAOGO

Pour Burkina 24

Rédaction B24

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