Enseignement technique au Burkina Faso : Un atelier pour concevoir les curricula des lycées professionnels s’ouvre à Kaya

L‘atelier d’élaboration des manuels de formation aux métiers pour les lycées professionnels et techniques a débuté le lundi 17 août 2026 à Kaya. Présidée par le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation technique et professionnelle, Pr Moumouni Zoungrana, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous (IPEQ).
Face aux défis de la qualité de l’éducation, du taux de déperdition et de l’inadéquation entre la formation et l’emploi, le gouvernement burkinabè a engagé une mutation profonde de son système éducatif. L’IPEQ, pilier central du Plan d’action pour la stabilisation et le développement (PA-SD), vise à transformer l’Enseignement et la Formation technique et professionnelle (EFTP) en un moteur de croissance en arrimant les filières aux pôles économiques locaux.

L’objectif de cet atelier est d’établir une nomenclature précise des diplômes et de concevoir des schémas de répartition des spécialités par niveau afin de garantir une offre de formation standardisée. Comme l’a souligné le Pr Moumouni Zoungrana lors de l’ouverture des travaux, l’ambition est de rompre avec le modèle purement théorique.
« Désormais, nous voulons un système éducatif où 60 % des sortants soient de la formation professionnelle et technique. C’est-à-dire nous voulons désormais allier diplôme et compétences pour que ces enfants ne soient pas seulement des enfants qui apprennent la théorie et qui malheureusement ne peuvent pas être utile eux-mêmes et à la société », a-t-il indiqué.

Pour sa part, le Pr Zakaria Soré, ministre secrétaire général de la Présidence du Faso et coordinateur national de l’IPEQ, a rappelé l’importance de cette étape de rédaction. « Ce qui se passe aujourd’hui c’est une des nombreuses étapes du processus de l’élaboration des curricula. À partir de ce qui va sortir aujourd’hui qui est l’avant-dernière étape justement, nous allons donc tracer les chemins des professions, des métiers à former», a-t-il souligné.

La première phase de la composante 6 de l’IPEQ prévoit la construction de quatre lycées professionnels spécialisés. Le lycée professionnel de Gomponsoum est centré sur l’agriculture avec les tubercules et produits amylacés, l’agroalimentaire et l’aquaculture.
Les lycées de Samandéni et de Bagré sont axés sur le maraîchage, la transformation et conservation des produits de la pêche, l’aquaculture et la maintenance des équipements agro-industriels. Enfin, le lycée professionnel de Kaya est spécialisé dans la filière des peaux et cuirs, proposant un parcours allant de la tannerie en BEP vers la maroquinerie en BAC-PRO.

Le choix d’implanter le lycée de Kaya dans cette zone répond à la volonté de se positionner au plus près des opportunités locales.
À travers ces curricula axés sur la pratique, la transformation et la conception, les autorités ambitionnent de former non seulement des techniciens qualifiés, mais également des citoyens engagés. Le ministre Zoungrana a insisté sur cette vision.

« Nous voulons que ces sortants de ces écoles-là soient aussi des patriotes convaincus pour que l’intelligence, la mentalité qui change s’opère aussi, se suivent, puissent poursuivre avec un changement de comportement », a expliqué le Pr Zoungrana.

Au terme de la cérémonie d’ouverture, le ministre et sa délégation ont effectué une visite sur le chantier du lycée professionnel de Kaya, actuellement en construction, afin de constater l’avancement des travaux.
A lire également👉Burkina Faso : L’IPEQ, une initiative présidentielle pour réduire les inégalités d’accès à l’éducation
Akim KY
Burkina 24




