Téléphonie mobile au Cameroun : Les téléphones non dédouanés seront bloqués dès le 1er septembre 2026

Le gouvernement camerounais s’apprête à passer à l’étape supérieure dans la lutte contre la fraude douanière sur les téléphones portables. À compter du 1er septembre 2026, les téléphones, tablettes et autres terminaux mobiles non dédouanés seront bloqués s’ils se connectent aux réseaux de télécommunication locaux dans les conditions définies par les autorités, rapporte Investir au Cameroun.

La mesure a été annoncée dans un communiqué publié le 20 août 2026 par le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motazé. Elle concerne notamment les terminaux non dédouanés qui se connecteront pour la première fois à un réseau local après le 1er avril 2026.

Sont également concernés les appareils ayant reçu, après cette date, des messages d’information et d’alerte restés sans suite, ainsi que certains terminaux activés de manière groupée avec une même carte SIM et dont l’utilisation n’a pas été poursuivie.

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Il s’agit de la deuxième fois en trois mois que les autorités camerounaises annoncent le blocage des terminaux non dédouanés.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre du nouveau mécanisme de collecte des droits et taxes de douane sur les terminaux mobiles, institué par la loi de finances de 2023 et officiellement entré en vigueur en mars 2026.

Le dispositif repose notamment sur l’identification des appareils à partir de leur numéro IMEI, répertorié sur la plateforme de la douane camerounaise. Déjà, le 18 mai 2026, le directeur général des douanes avait demandé aux opérateurs MTN Cameroun, Orange Cameroun et Camtel de procéder au blocage des terminaux non dédouanés à compter du 25 mai.

Mais cet ultimatum n’avait pas été appliqué comme prévu. Les opérateurs avaient notamment soulevé des difficultés techniques liées au blocage automatique des appareils, aux IMEI multiples ou falsifiés, ainsi qu’à la gestion des réclamations et à la réactivation des cartes SIM après le paiement des droits de douane.

25 milliards de FCFA de recettes attendus

Le nouveau communiqué du ministère des Finances ne précise pas si l’ensemble des réserves techniques formulées par les opérateurs ont été levées. Le département ministériel évoque toutefois une « bonne collaboration de tous les acteurs impliqués », laissant entendre que les conditions sont désormais réunies pour la mise en œuvre du dispositif.

À travers cette réforme, les autorités camerounaises cherchent surtout à accroître les recettes douanières liées à l’importation des téléphones et autres terminaux mobiles.

Selon les données officielles, près de 4 millions de téléphones sont importés chaque année au Cameroun. Pourtant, les recettes douanières issues de ces importations ont fortement diminué au fil des années, notamment sous l’effet de la contrebande.

La Direction générale des douanes indique que les recettes sont désormais inférieures à 100 millions de FCFA par mois, contre environ 2 milliards de FCFA par mois dans les années 2000.

Avec le nouveau mécanisme numérique de collecte, le gouvernement camerounais vise ainsi 25 milliards de FCFA de recettes douanières par an.

À partir du 1er septembre 2026, les utilisateurs de terminaux concernés devront donc s’assurer de leur régularisation sous peine de voir leur appareil privé d’accès aux réseaux locaux.

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