Secteur bancaire : Le Burkina Faso avance vers une plus grande souveraineté financière

À fin 2025, le capital des établissements de crédit au Burkina Faso atteint 376,25 milliards de FCFA. Près de 67,6 % de ce capital est détenu par l’État et des investisseurs privés nationaux. Une recomposition qui traduit une montée progressive des capitaux burkinabè dans le secteur bancaire.

Le paysage bancaire burkinabè connaît une transformation importante. Selon le rapport annuel 2025 de la commission bancaire de l’UMOA, les investisseurs privés nationaux détenaient, à fin décembre 2025, 176,83 milliards de FCFA du capital des établissements de crédit, tandis que l’État en détenait 77,55 milliards. Les investisseurs non nationaux détenaient, pour leur part, 121,86 milliards de FCFA.

Cette répartition confère aux capitaux nationaux une position majoritaire. Les investisseurs privés nationaux représentent à eux seuls, 47 % du capital, contre 20,6 % pour l’État et 20,1 % pour les investisseurs étrangers hors UMOA. La part des capitaux privés nationaux était de 44,8 % en 2021, tandis que celle des investisseurs étrangers hors UMOA atteignait alors 27,1 %. En quatre ans, le poids de ces derniers a donc reculé de sept points.

Cette évolution place le Burkina Faso dans une situation particulière au sein de l’UMOA.En effet, avec 47 % du capital bancaire détenu par des investisseurs privés nationaux, le pays affiche la proportion la plus élevée de l’union. Cette progression des capitaux nationaux intervient dans un contexte de recherche accrue de souveraineté économique et de mobilisation des ressources domestiques.

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Mais la nationalité du capital ne suffit pas à mesurer la contribution des banques à l’économie. Le même rapport révèle en effet un paradoxe. Alors que le total du bilan des établissements de crédit atteint 10 251,4 milliards de FCFA, en hausse de 7,5 %, les crédits à la clientèle reculent de 4 %, pour s’établir à 4 476,2 milliards de FCFA.

Cette contraction intervient alors que les besoins de financement des entreprises, notamment des PME et des secteurs productifs restent importants. Elle traduit également la prudence croissante des banques face aux risques : les crédits en souffrance  ont atteint le chiffre de 188,4 milliards de FCFA, soit une progression de 8,5 %.

Le véritable enjeu de cette recomposition est donc désormais clair : transformer la souveraineté du capital en souveraineté du financement. La montée des capitaux nationaux ne prendra pleinement son sens que si elle permet de mobiliser davantage l’épargne pour financer la production, l’industrialisation et la création d’emplois.

Rédaction B24

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