Dette du Sénégal : Le gouvernement lance un plan pour alléger le poids des remboursements

Face à la pression croissante du service de la dette, le gouvernement sénégalais met en place le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS). Cette nouvelle stratégie vise à réduire la pression des remboursements sur le budget de l’État, à restaurer des marges de manœuvre financières et à dégager des ressources pour soutenir les investissements et les secteurs sociaux, rapporte la radio télévision sénégalaise.
Le Sénégal engage une nouvelle étape dans la gestion de sa dette publique. À travers le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS), les autorités veulent réduire le poids du service de la dette sur les finances publiques et retrouver progressivement des capacités de financement.
L’objectif affiché est de permettre à l’État de consacrer davantage de ressources aux priorités nationales, notamment les investissements publics, les secteurs sociaux et le soutien à l’activité économique.
Une stratégie face aux déséquilibres des finances publiques
Le lancement du PTDS intervient dans un contexte financier particulièrement contraint. L’audit des finances publiques avait notamment mis en évidence d’importants déséquilibres budgétaires ainsi qu’un niveau élevé d’endettement.
Depuis 2024, plusieurs mesures ont été engagées pour renforcer la gestion et la transparence des finances publiques. Le déficit budgétaire est ainsi passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025, selon les données avancées par les autorités.
Malgré cette amélioration, les marges de manœuvre restent limitées. La dégradation de la perception du risque souverain du Sénégal complique également l’accès aux marchés internationaux de capitaux et renchérit les conditions de financement.
C’est dans ce contexte que le gouvernement entend accélérer le traitement d’une partie de la dette.
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Le PTDS ne devrait pas concerner l’ensemble des engagements financiers du Sénégal. La dette libellée en francs CFA est notamment exclue du dispositif. Le gouvernement justifie cette décision par le rôle important joué par le marché financier régional dans le financement de l’État et de l’économie sénégalaise.
Le traitement envisagé porterait donc sur la partie de la dette pour laquelle une intervention permettrait de réduire la pression exercée sur les finances publiques, tout en préservant le fonctionnement du marché régional.
La mise en œuvre du plan doit s’effectuer avec les différents partenaires et créanciers internationaux du Sénégal. Les autorités ont annoncé leur intention de solliciter le Cadre commun du G20, dans une version améliorée, afin d’organiser les discussions avec les créanciers concernés.
Ce mécanisme doit notamment faciliter la coordination entre les différents acteurs, améliorer le partage d’informations et réduire les délais liés au traitement de la dette. Le gouvernement souhaite ainsi parvenir à une démarche concertée avec l’ensemble des créanciers concernés.
Des ressources pour les entreprises et les secteurs sociaux
Au-delà de la réduction du poids de la dette, le PTDS vise à libérer des ressources pour l’économie sénégalaise.
La baisse du service de la dette et des besoins de refinancement pourrait permettre à l’État de dégager progressivement des marges financières supplémentaires. Une partie de ces ressources pourrait notamment servir au règlement des sommes dues aux entreprises privées.
Une amélioration de la trésorerie de ces entreprises pourrait contribuer à préserver leurs investissements et leurs emplois. Le gouvernement espère également pouvoir renforcer les investissements publics et financer davantage les priorités sociales.
Le lancement du PTDS intervient également dans un contexte de ralentissement attendu de l’économie sénégalaise après deux années de forte croissance, notamment portées par la montée en puissance du secteur des hydrocarbures.
Le PIB réel avait progressé de 6,5 % en 2024 et de 6,7 % en 2025. Pour 2026, la croissance est désormais projetée à 2,7 %, selon les données présentées dans le document.
Les autorités évoquent notamment les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, qui auraient pesé sur les investissements publics et privés ainsi que sur les dépenses énergétiques.
À travers le PTDS, le gouvernement sénégalais entend donc réduire les vulnérabilités liées à la dette, poursuivre l’assainissement des finances publiques et restaurer progressivement les capacités de financement de l’État.
Pour Dakar, l’enjeu est désormais de transformer le traitement de la dette en un levier permettant de relancer l’investissement, soutenir les entreprises et créer les conditions d’un retour à une croissance durable.




