Ciné droit libre: Mission accomplie à Niamey, cap sur la Mauritanie

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Le festival Ciné droit libre a fait ses premiers pas à Niamey au Niger du 24 au 27 mai 2017. La Mauritanie s’apprête à prendre le flambeau.  

Après Ouagadougou, Abidjan, Bamako et Dakar, les premiers pas de Ciné droit libre à Niamey n’ont pas été sans difficultés. Un fait que le coordinateur Abdoulaye Diallo attribue à la période de jeûne pendant laquelle s’est tenu le festival.

Les séances de projections de films, d’échanges n’ont pas drainé  assez de monde. Cependant, ceux qui sont venus y ont trouvé leur intérêt.   La qualité des invités et des films jamais vus en salle et réalisés pour montrer la réalité sur le terrain ont captivé le public.  

Clément Ibaifouta, l’une des victimes de Hissein Habré, a été sollicité par les élèves du lycée « Mariama », même après les échanges en salle.

Clément Abaifouta discutant avec les filles du lycée « Mariama « de Niamey après son entretien dans la salle

Et que dire de ce membre actif de la révolution burkinabè de 2014, le rappeur Smockey, par ailleurs parrain ? Très connu pour son franc-parler, il ne manquera pas de mots « durs » pour faire réagir, galvaniser ses filleuls. Il s’est d’ailleurs employé à leur offrir un concert de taille.

Une vue du public au concert de Smockey

Au titre des films documentaires suivis de débats, Aicha Maki, après la projection de  « L’arbre sans fruit », a été félicitée pour avoir soulevé la problématique de la stérilité masculine qui reste un tabou dans la société nigérienne.

Aicha Maki, réalisatrice nigérienne, s’entretenant avec son public après la projection de son film, l’arbre sans fruit

Les films sur notamment Cheick Anta Diop et Thomas Sankara,  sur l’insurrection populaire au Burkina Faso en Octobre 2014 et le phénomène de l’extrémisme violent qui sévit avec  Boko Haram ont tous été aussi appréciés.

Ibrahim Abdel Ismaël, étudiant en deuxième année de communication, se réjouit et dit être édifié par ces films.

Parlant de Thomas Sankara, il  dira que «en tant qu’étudiant qui est dans le syndicalisme, nous citons les paroles de Sankara à longueur de journées. Nous  le connaissons sans avoir vécu son époque. Je combats toujours l’idée de dire que je suis sankariste. Je partage toujours les idéologies de Sankara. On doit dépasser cette conception de Sankariste et devenir des Sankara. Nous rêvons de voir des Sankara et non des Sankaristes au Burkina, comme au Niger et partout en Afrique ».

Une séance de projection à l’université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey

Le festival s’est achevé sur une note de satisfaction pour  les organisateurs. «L’autre grande satisfaction, dit Abdoulaye Diallo, réside au niveau des débats sur la question de l’extrémisme violent, et la participation de scolaires surtout des filles, qui faisaient la moitié du public à l’ouverture ».

Pour Maimou Wali, l’une des communicateurs, cette première édition a créé un cadre pour s’éclairer, d’avoir des informations, et des compréhensions surtout du phénomène de l’extrémisme violent. Mais elle a souhaité que pour les éditions à venir,  les échanges soient élargis aux acteurs étatiques.

Les filles du lycée »Mariama » de Niamey représentées majoritairement à la cérémonie d’ouverture

Après le Niger, c’est à la Mauritanie d’accueillir le festival. D’autres pays, aux dires du coordonnateur, comme le Togo, le Bénin ont aussi manifesté le désir de l’accueillir. Le coordonnateur espère que les partenaires locaux sauront adhérer et sauvegarder l’évènement. 

Revelyn SOME

Burkina24

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