Procès du putsch manqué : Diendéré parle et l’audience renvoyée au 14 juin

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Le procès du putsch manqué devrait se poursuivre, ce mardi 12 juin 2018, avec l’interrogatoire des accusés. Les témoins, qui ne peuvent assister aux débats de fond, ont été invités à rejoindre la salle qui leur est dédiée. Tout était fin prêt pour aborder le fond du dossier jusqu’à ce que la Défense attire l’attention du Tribunal sur une remarque : « Au moins un accusé n’a pas d’avocat. Le procès doit être suspendu afin de respecter le minimum légal ». Après des discussions houleuses entre Défense, Partie civile et Parquet, le Tribunal a jugé utile de suspendre l’audience. Le délibéré sur la demande de renvoi est prévu pour le jeudi 14 juin 2018 à partir de 11h.

Dès 8h, les parkings situés en face de la Salle des Banquets de Ouaga 2000 commencent à refuser du monde. Certains se précipitent vers la porte Est où se tient la rencontre sur le système de rémunération des agents publics. Nous sommes de ceux qui foncent vers l’Ouest pour suivre le procès sur le putsch manqué. L’audience s’est effectivement rouverte ce 12 juin 2018 avec la notification de décharges d’avocats notamment de Me Samuel Guitenga, avocat maintenu, malgré lui, pour défendre les accusés Nobila Sawadogo et Relwendé Compaoré.

Selon le Tribunal, ces derniers ont souhaité que leurs anciens avocats, qui se sont auparavant déportés, reviennent pour assurer leur défense. Cas similaire pour Me Mamadou Keïta qui avait été maintenu par le Tribunal pour défendre le Général Gilbert Diendéré. « J’avais demandé la dernière fois à ce que mes anciens avocats reviennent. Mais, Monsieur le Président, vous aviez commis un autre avocat pour ma défense. En tout cas, je souhaiterais toujours que ce soit mes anciens avocats qui assurent ma défense », a dit le présumé cerveau du putsch manqué.

La défense de Gilbert Diendéré sera donc assurée par le Cabinet d’avocat Somé et Associés. Le procès de ce jour a connu une suspension d’environ 30 minutes. La suite était réservée, dès l’entame, au fond du dossier à commencer par l’interrogatoire des accusés. Mais, peine perdue pour le parquet militaire et la Partie civile.

Prise d’otage du procès ?

Depuis la matinée de ce 12 juin, l’ancien bâtonnier Me Mamadou Traoré, est confirmé sans défense. Son avocat, Me K. Silvère, vient d’adresser une lettre de déport à la Chambre de première instance du Tribunal militaire.

La juridiction présidée par Seydou Ouédraogo avait pourtant invité tous les témoins à rejoindre la salle qui leur est dédiée avant le début de l’interrogatoire. Le juge militaire a voulu néanmoins poursuivre le jugement avec l’audition des inculpés. Les avocats de la Défense ne l’ont pas laissé faire. Ils ont ébauché des arguments pour justifier le report de l’audience.

« Au moins un accusé n’a pas d’avocat. Monsieur le Président, le procès doit être suspendu. On doit respecter le minimum légal. Il y aura violation de l’Article 43 de la loi si nous poursuivons ce procès qui sera à son tour rien que dis-cri-mi-na-toire », s’est défendu Me Bonkoungou. Le Parquet a estimé, pour sa part, que tant que l’accusé concerné, n’ayant pas d’avocat pour sa défense, n’a pas encore été appelé à la barre, le procès peut se poursuivre.

Me Farama, de la Partie civile, a battu en brèche l’idée avancée par la Défense ajoutant qu’il s’agit « tout simplement d’une prise d’otage du procès ». Et à son collègue, Me Hervé Kam d’exclure toute idée de renvoi du procès : « Nous constatons que la Défense abuse des règles. Il ne faut pas utiliser la loi pour tuer le droit. Nous tous ici présents, si notre client ne passe pas à la barre, il peut arriver que nous ne venions pas ». Pour connaître le délibéré sur cette énième demande de renvoi, rendez-vous a été pris pour le jeudi 14 juin 2018.

Noufou KINDO

Burkina 24

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Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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