Changement climatique : Vers un biodigesteur africain

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« Le biodigesteur, une solution pour la sécurité alimentaire et énergétique. Vers un partenariat africain ! ». Tel est le thème retenu pour la deuxième édition de la conférence internationale sur la technologie du biodigesteur (CITBO) qui se tiendra du 2 au 4 octobre 2018 à Ouagadougou.

Issoufou Barry, paysan , témoignant des bénéfices du biodigesteur

Les bienfaits et avantages séduisent. « Le biodigesteur permet de chauffer sa couveuse d’œufs, produit du gaz pour la cuisine, de l’électricité pour le ménage. L’effluent est utilisé comme remède pour les animaux malades. Il produit du compost pour fertiliser les champs. Il sert aussi en enrichir la nourriture pour le bétail et la volaille. La fumée du bois ne rend plus ma femme malade». Ce sont là entre autres bienfaits du biodigesteur que relate Issouf Barry. Il est venu de Tchériba dans la région de la Boucle du Mouhoun pour assister à la conférence de presse animée ce 25 septembre 2018 à Ouagadougou par le ministre des ressources animales et halieutiques, Sommanogo Koutou et ses collaborateurs pour annoncer la deuxième édition de la Conférence Internationale sur le Biodigesteur de Ouagadougou (CITBO).

Disposer d’un bétail pour la bouse et de l’eau à proximité sont des conditions sine qua non pour alimenter le biodigesteur. Puis pour l’acquérir, il faudra débourser une somme subventionnée par l’Etat de 300 000 F CFA.

Une somme jugée encore trop élevée. « Ceci n’est pas à la portée de tous. Nous l’utilisons, nous voyons les bienfaits et nous aimerions que notre entourage l’ait aussi mais il coûte toujours cher », plaide Issouf Barry.

Pour le ministre, ce n’est pas de l’argent liquide : « Il servira à l’achat des agrégats du biodigesteur ».

Xavier Bambara, coordonnateur de l’évènement

Et le coordonnateur de l’évènement, Xavier Bambara,  d’ajouter que les efforts de réflexion se poursuivent pour revoir la subvention. « Mais nous ne pouvons pas dire que la technologie sera à la portée de tous les Burkinabè parce que le préalable d’abord c’est de disposer d’un maillon d’animaux », explique-t-il.

Convaincu que cette technologie est la solution pour parer à la difficulté d’accès des populations rurales à une source d’énergie, et permet d’adapter l’agriculture au changement climatique pour les pays africains, l’Etat burkinabè en a fait l’expérience depuis 2010. De nos jours, plus de 12 000 ouvrages on été construits pour des ménages.

Dans le processus de promotion de la technologie, une première conférence a adopté une déclaration dite de Ouagadougou. Elle invite les Etats, les organisations intergouvernementales et les partenaires à œuvrer à la mise en place de conditions favorables au développement du marché de la technologie dans les différents pays.

Pour ce faire, une rencontre en prélude à la deuxième édition des points focaux des pays a permis d’une part, d’élaborer une feuille de route pour chaque pays  pour la mise en œuvre de programmes nationaux de biodigesteur d’ici décembre 2019 et d’autre part, d’institutionnaliser la conférence.

Le Burkina Faso a été mandaté pour la coordination de l’organe régional dénommé « Alliance Biodigesteur/Afrique de l’Ouest et du Centre », qui ambitionne s’étendre aux autres régions d’Afrique.

Au cours de cette dernière édition, la conférence déterminera les mesures d’accompagnement nécessaires à la mise en oeuvre effective des programmes nationaux, examinera et adoptera les textes statutaires relatifs à la mise en place de l’organe régional de coordination.

La conférence coûtera 160 millions de FCFA dont 50 millions de F CFA sont financés par les partenaires, notamment les Pays-Bas.  

Trois activités majeures sont au programme, la session des experts, la session des ministres et des expositions d’accessoires des biodigesteurs.

Revelyn SOME

Burkina24

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