Général Diendéré : « Zida croyait que Roch et Zéphirin soutenaient le RSP »

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Le fervent militant du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Nanéma Ousséni Fayçal, également accusé dans cette affaire de putsch manqué, a bénéficié ce 27 novembre 2018 d’une liberté provisoire. Mais, bien avant ce délibéré prononcé par le Président du Tribunal militaire, des noms de plusieurs personnalités burkinabè et étrangères ont été cités par le Général de Brigade Gilbert Diendéré qui a achevé sa narration des faits ce jour.

A la barre, ce mardi 27 novembre 2018, « Golf » a de nouveau chargé l’ancien Premier ministre, Yacouba Isaac Zida. L’Officier supérieur militaire a affirmé que le PM d’alors n’était pas en odeur de sainteté avec quiconque qui semblerait militer en faveur du maintien du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) dans la grande chaîne de l’armée burkinabè.

« Même Roch Marc Christian Kaboré savait qu’il y avait des menaces qui planaient sur sa tête. Zéphirin Diabré aussi. Zida croyait en effet que ces deux personnalités politiques soutenaient le RSP. Il pensait même que c’était les deux politiciens qui pouvaient faire ombrage à son projet de rester au pouvoir en prolongeant la Transition », a-t-il révélé.

« La hiérarchie militaire a posé plus que des actes matériels pour m’accompagner »

Excluant de dévoiler sa source d’information, l’ancien patron des renseignements au Burkina a ajouté qu’un « militaire radié a reçu une somme d’argent dans l’optique de l’éliminer ». Le Général Diendéré a également fait savoir que c’est lors de la « rencontre avec les sages » que le mot « Coup d’Etat » a été prononcé pour la première fois, mais pas par lui.

« Lors de la rencontre avec les médiateurs, Monseigneur Paul Ouédraogo a pris la parole et a prononcé le mot « Coup d’Etat » pour la première fois. Des éléments du RSP (Ndlr : Identités non précisées) lui ont dit que si c’est ça, il n’y a pas de problème. Et que même si c’est lui Monseigneur qu’ils vont porter à la tête de l’Etat, il n’y a aucun problème », a déclaré l’homme qui dit par ailleurs avoir rédigé tout seul la proclamation du CND.

Au fur et à mesure qu’il parle, le Général Diendéré se souvient de certains détails : « L’actuel Chef d’Etat-Major Général des armées, Oumarou Sadou, a dit que c’est à ceux (Ndlr : Le RSP) qui ont commencé l’affaire de prendre le devant des choses. Je me suis donc proposé tout en demandant le soutien préalable du reste de l’armée. J’ai lu la proclamation du CND devant tout le monde, mais, personne n’était contre. La hiérarchie militaire a posé plus que des actes matériels pour m’accompagner ».

« Les gens allaient dire que c’est encore Blaise Compaoré qui est revenu »…

A l’en croire, il a applaudi lorsqu’il a appris que c’est le Colonel Bamba qui a été proposé pour lire la proclamation, parce que ce dernier n’était pas du RSP. « Au début, j’ai refusé de jouer le premier rôle, parce que les gens allaient dire que c’est encore Blaise Compaoré qui est revenu. J’ai dit que le pouvoir ne m’intéressait pas. Mais, le CEMGA a insisté pour que je prenne le devant des choses », a dit celui qui a avoué avoir été le seul membre officiel du CND.

Le Général ivoirien Vagondo Diomandé, est également cité par son « ami » du Burkina. Cet Officier supérieur ivoirien aurait appelé l’accusé notamment le 19 septembre 2015 pour savoir si les matériels de maintien d’ordre, envoyés de la Côte d’Ivoire, étaient arrivés en bonne et due forme. Concernant le désarmement du RSP, Gilbert Diendéré estime que des armes ont disparu pendant l’opération.

« Le CEMGA est incapable de dire combien d’armes ont disparu pendant le désarmement du RSP. C’est des centaines. Peut-être que ce sont ces mêmes armes que les terroristes utilisent pour nous taper tous les jours », a indiqué « Golf » qui informe que le Général Djibril Bassolé l’a appelé seulement une ou deux fois pendant les évènements de septembre 2015. A 16h10, l’accusé a été invité à rejoindre sa place. La parole revient au Parquet dès demain 28 novembre 2018.

Lire aussi : Putsch : Isaac Zida recherchait des mercenaires en Angola, selon Diendéré

Noufou KINDO et Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Il y a 1 commentaire

  1. Comme suite à ma première analyse je suis d’avis qu’un vrai chef militaire défend d’abord son pays et son armée avant de penser à lui-même. C’est Dans le code d’honneur militaire. Quand des éléments de l’armée commettent des fautes ils sont sanctionnés et leurs chefs aussi endossent la responsabilité car les hommes sont sous leurs ordres. Les actes graves comme les rebellions et les coups d’état exigent des sanctions exemplaires.

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Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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