Burkina : « Le Ministère des mines et carrières se meurt », selon un syndicat

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Le Syndicat national des travailleurs des mines et de l’énergie (SYNTRAME) dénonce la mauvaise gestion du Ministère des mines et des carrières (MMC).

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« Le Ministère des mines et des carrières se meurt et le personnel ne sait plus à quel saint se vouer », a déclaré Idrissa Ouédraogo, le délégué général de la section mine du Ministère.

Avec une douzaine de mines, cinq autres en construction, et une contribution de plus de 252 milliards de F CFA à l’économie en 2018, le ministère ne dispose toujours pas, a indiqué le délégué, « de compétences nécessaires pour encadrer et surveiller les sociétés minières ».

L’absence de formation au niveau du personnel spécifique du Ministère fait, qu’actuellement, la surveillance et la gestion du secteur minier sont pour l’essentiel assurés par des ingénieurs des travaux de la géologie et des mines et par les techniciens supérieurs, a-t-il expliqué.

« Des ingénieurs de travaux qui ont été recrutés depuis 2009 et qui aujourd’hui devraient être des ingénieurs pleins, capables de rivaliser avec les acteurs des sociétés minières, n’ont toujours pas reçu de formation qualifiante comme le prévoient les textes », a expliqué Idrissa Ouédraogo.

Face à une telle situation, le personnel spécifique se retrouve sans perspective de carrière, ni aucun moyen de renforcer ses compétences. Ce qui crée du coup, a laissé entendre le délégué, « une situation de démotivation généralisée avec de lourdes conséquences pour le pays ».

Cela, parce que sans de réelles compétences, les agents ne pourront surveiller efficacement les sociétés minières et les ressources du pays seront « volées ». Il faut ajouter à cela, poursuit Idrissa Ouédraogo, l’absence au sein du Ministère, de véhicules pour assurer convenablement les missions. Ce sont les sociétés minières qui assurent le déplacement et la prise en charge des agents pour l’opération de pesée et de colisage.

« La plupart de nos collègues sont partis en mission et sont restés en brousse à plusieurs reprises », a-t-il regretté. Il y a d’après lui, «  un mépris total du personnel qui, depuis le début de l’année, n’a bénéficié d’aucune mesure de motivation comme prévu ». Alors que le MMC est le ministère qui mobilise le plus de recettes au profit du budget de l’Etat mais ne bénéficie d’aucune retombée, relate le syndicat.

Le personnel se donne désormais pour mission de mener des actions pour demander le changement, car pour lui, le MMC n’est pas « la propriété d’un individu ». « Nous n’allons plus accepter d’aller en mission avec des véhicules pourris et courir le risque de rester en brousse », a conclu Idrissa Ouédraogo.

Amsétou OUEDRAOGO (stagiaire)

Burkina 24

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