Agriculture au Burkina Faso : Bientôt 200 tonnes de semences de base de riz pour les producteurs

Les ministres en charge de l’agriculture, de l’enseignement supérieur et universitaire, et de l’innovation et de la recherche scientifique ont visité les sites de la production des semences de base de riz à Bagré ce samedi 22 mai 2021.

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Pour atténuer les conséquences néfastes de la pandémie de Covid-19, le ministère allemand de la coopération économique et du développement a initié un projet pour faciliter la résilience semencière de riz de base dénommé Covid-19 Reponse Rice seeds (CORIS).

Environ 11 variétés de semences de riz sont développées par le suivi de l’Institut national de l’environnement et de recherches agricoles (INERA). En effet, il est attendu dans le cadre du projet 5 tonnes de semences pré base, 200 tonnes de semences de base et 6.000 tonnes de semences certifiées.

Le projet Covid-19 Reponse Rice seeds (CORIS) a pour vocation, l’augmentation des revenus, la création d’emplois et l’amélioration de l’offre en produits alimentaires à travers l’adoption d’innovations par les petites exploitations agricoles, les entreprises en amont et les entreprises agro-alimentaires.

1 million de tonnes de riz pour la saison 2021

Le CORIS est en phase avec la politique du président du Faso qui  ambitionne 1 million de tonnes de riz pour la campagne agricole de 2021. Les semences traditionnelles et demandées par les consommateurs sont mises en avant par les chercheurs. Car elles sont plus résilientes et s’adaptent plus facilement aux rizières burkinabè.

Salifou Ouédraogo, ministre en charge de l’agriculture confiant pour 1 million de tonnes de riz paddy cette saison

Salifou Ouédraogo, ministre en charge de l’agriculture, a exprimé la volonté de son département de travailler en concert avec les chercheurs afin d’atteindre le pari de 1 million de tonnes de riz pour l’année 2021 comme l’a souhaité Roch Kaboré, président du Faso.

« C’est pour dire que ces variétés et ces multiplications de semences vont nous permettre d’avoir au moins 60 tonnes de semences de base qui, par la suite nous permettront d’avoir 200 tonnes (semences de base) et avec ces 200 tonnes, nous pouvons atteindre 6 000 tonnes, les 6 000 peuvent atteindre cet objectif« , a-t-il affirmé.

Le ministre Ouédraogo estime que pour y arriver, son département et celui de l’innovation et de la recherche scientifique doivent travailler ensemble et voir les choses dans la même direction en valorisant les résultats de la recherche.

« C’est aujourd’hui notre démarche. Pour que l’ensemble de nos collaborateurs sachent que nous sommes ensemble. Nous devons faire en sorte qu’il y ait tout le temps des concertations entre les différents ministères pour que cela soit une réalité sur le terrain« , a-t-il dit.

Il est convaincu que cette dynamique permettra d’atteindre l’objectif 1 million de tonnes pour la campagne agricole rizicole de cette année. Il a confié que son secteur travaille pour  accompagner la recherche. Ce, pour arriver à dégager un certain nombre de variétés communes à tous les producteurs.

Les ministres de l’agriculture, de l’innovation et de la recherche scientifique dans un site de production de semences

« L’année dernière, on a utilisé plusieurs variétés, peut-être une dizaine ou une quinzaine de variétés, et on arrive à maîtriser les rendements. Mais si nous avons trois ou quatre variétés dont les rendements se fixent  à quatre tonnes l’hectare, et que nous avons 350 000 ou 400 000 hectares, ça peut vraiment contribuer à atteindre les résultats escomptés« , a-t-il lancé.

« J’étais loin d’imaginer… »

En période de maturité des semences, les oiseaux s’invitent et leur présence cause du tort aux producteurs. Le ministre a promis d’apporter son soutien aux producteurs pour protéger les semences. Pour lui, Bagré c’est la zone pilote qui servira à répandre l’expérience dans d’autres zones comme Samandeni et Sourou.

Pr Alkassoum Maïga, s’est dit impressionné par le travail entrepris à Bagré

Le Burkina Faso est capable d’assurer son autosuffisance en riz, selon Salifou Ouédraogo, qui appelle les acteurs à unir leurs efforts pour y arriver. Pour son collègue de l’innovation et de la recherche scientifique, Pr Alkassoum Maïga, il a souligné que l’on ne peut pas vouloir faire de la production en ne prenant pas en compte les réalités des acteurs qui sont à la base. Il a, à cette occasion, apprécié la relation entre les deux départements (Agriculture et Recherche scientifique).

« Quelques fois, vous sentirez que ça ne marche pas. Parce que c’est peut-être une affaire d’hommes. Si les acteurs qui sont au premier plan n’ont pas pas la capacité de se parler, on aura l’impression d’être dans une tour de Babel où chacun prêche pour sa chapelle. Au finish, les deux ministères n’y tireront absolument rien. Et les producteurs seront les premières victimes ce dispositif-là« , a-t-il commenté.

Alkassoum Maïga s’est dit impressionné par la qualité du travail qui est mené à Bagré. Et il a laissé entendre que cela pourra contribuer à atteindre l’objectif d’un million de tonnes riz voulu par le président Kaboré. « J‘étais à Kamboissin, mais à Bagré, j’étais loin de s’imaginer ce qui se fait », a-t-il réagi.

Ce qui se fait à Bagré. La nouvelle variété de l’INERA
Éva Traoré, chargée de suivi du projet CORIS

La cheffe du projet centres d’innovations du secteur agroalimentaire (ProCIV) et chargée du suivi de la mise en œuvre du projet CORIS, Eva Traoré, s’est dite satisfaite du travail qui est entrepris par la recherche à Bagré.

Elle a indiqué que le projet CORIS est né afin de produire les semences certifiées et d’augmenter la production rizicole.

Édouard Traoré, docteur et généticien à l’INERA, a confié que plus de 74 hectares sont en exploitation pour pouvoir recueillir 200 tonnes de semences de base. « Nous avons commencé par les variétés traditionnelles qui sont mises à disposition par l’Institut national de l’environnement et de recherches agricoles (INERA)« , a-t-il clarifié.

Dr Édouard Traoré : « les variétés choisies sont les plus demandées sur le marché »

Il a précisé que les variétés choisies sont les plus demandées sur le marché et sont résilientes. « Ces variétés ont un plafond de 7 tonnes à l’hectare mais en ajoutant les paquets technologiques pour les bonnes pratiques, on peut aller au-delà de 7 tonnes« , a-t-il expliqué.

Aussi, il a présenté une autre variété développée à l’INERA et homologuée en 2019. « Ces variétés sont beaucoup résilientes et pouvant atteindre 9 à 10 tonnes à l’hectare« , a-t-il vanté.

Après la visite, les différents acteurs ont été conviés à une rencontre d’échanges pour leur présenter les grands points du projet.

Willy SAGBE
Burkina 24

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