Canada : Le gouvernement du Québec adopte une loi interdisant des salles de prière dans les institutions publiques

Le traditionnel Chemin de croix du Vendredi saint s’est tenu ce vendredi 3 avril 2026 dans les rues de Montréal, rassemblant des centaines de fidèles. Mais derrière cette manifestation religieuse, une incertitude grandissante plane sur l’avenir de cet événement, à la suite de l’adoption récente d’une nouvelle loi sur la laïcité au Québec, nous renseigne La presse Ca.

Adopté la veille par l’Assemblée nationale, le texte marque un tournant dans la gestion des pratiques religieuses dans l’espace public. Désormais, toute activité religieuse collective sur la voie publique ou dans les parcs est interdite, sauf dérogation accordée au cas par cas par les conseils municipaux.

Au-delà des rassemblements religieux, la loi introduit également de nouvelles restrictions, notamment l’interdiction du port de signes religieux pour certains employés, dont ceux des garderies, ainsi que la suppression des salles de prière dans les institutions publiques.

Ces mesures suscitent de vives réactions au sein des communautés religieuses. Martin Laliberté, président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, dénonce une législation qui, selon lui, relègue les croyants au rang de « citoyens de seconde classe ». Il pointe une inégalité de traitement entre les manifestations religieuses et les événements culturels ou sportifs, qui continuent d’occuper librement l’espace public.

Les autorités religieuses s’inquiètent également du recours à la clause dérogatoire, permettant à la province de contourner certaines garanties des chartes des droits et libertés pour protéger la loi de contestations judiciaires.

Malgré ce contexte tendu, la procession de cette année a pu se dérouler sous la conduite de l’archevêque Christian Lépine. Dans une atmosphère de recueillement, les participants ont parcouru les rues en silence, derrière un grand crucifix.

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Selon John Zucchi, organisateur de l’événement, la mobilisation autour du Chemin de croix a connu un regain ces dernières années, avec près de 1 000 participants recensés en 2025.

Toutefois, des zones d’ombre subsistent quant à l’application concrète de la loi. La définition même de « prière publique » soulève des interrogations : une marche silencieuse peut-elle être considérée comme une manifestation religieuse au sens du texte ?

Dans l’attente de clarifications, les organisateurs comptent sur la coopération des autorités municipales et policières pour permettre la tenue de cet événement à l’avenir. Désormais, une autorisation formelle sera requise, une première pour cette tradition bien ancrée dans le paysage montréalais.

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