Nouvel an kamit : 2 Heures pour Kamita réitère sa demande d’officialisation du calendrier africain

Le cadre 2 Heures pour Nous, 2 Heures pour Kamita a clôturé, le dimanche 19 juillet 2026 à Ouagadougou, la XIᵉ édition des Universités SANKORÉ par la célébration du Nouvel An kamit 6263. Pendant cinq jours, conférences et ciné-débats ont rythmé les travaux. Au terme de cette édition, le cadre 2 Heures pour Nous, 2 Heures pour Kamita a renouvelé son plaidoyer en faveur de la reconnaissance officielle du calendrier africain.

Depuis 2015, le 19 juillet marque, pour le cadre 2 Heures pour Nous, 2 Heures pour Kamita et la communauté kamite, le début d’une nouvelle année. Cette année, ils célèbrent la 6263ᵉ année du calendrier africain. Pour le coordonnateur national de 2 Heures pour Kamita, Lianhoué Imhotep Bayala, il ne s’agit pas d’une simple fête. « C’est un acte de mémoire, de souveraineté culturelle et de réaffirmation de l’identité de l’Homme noir », a-t-il déclaré.

coordonnateur national de 2 Heures pour Kamita, Lianhoué Imhotep Bayala

Il regrette que les repères temporels africains aient été marginalisés au profit de calendriers hérités d’autres civilisations. « Chaque peuple digne de ce nom s’appuie sur ses propres références historiques pour construire son avenir. Il ne s’agit pas de rejeter les autres cultures, mais de redonner à l’Afrique le droit de raconter son histoire avec ses propres références », a-t-il soutenu.

Inspirées des travaux de Cheikh Anta Diop, de Théophile Obenga et d’autres chercheurs, les Universités SANKORÉ entendent poser les bases d’une renaissance qui ne soit pas seulement économique.

« Elle doit aussi être intellectuelle et symbolique. Restaurer un calendrier africain, qui existait 4 236 ans avant Jésus-Christ, participe de cette dynamique de reconstruction des imaginaires collectifs », a expliqué le coordonnateur de 2 Heures pour Kamita. Il insiste également sur le fait qu’« un peuple qui maîtrise son temps, son histoire et ses références renforce sa confiance en lui-même ».

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Face aux sceptiques qui qualifient cette initiative d’utopique, il estime que les faits apportent un démenti « éloquent ». Il a lancé un appel aux Africains, et plus particulièrement aux Burkinabè, afin qu’ils s’investissent dans la traduction du calendrier dans toutes les langues nationales. L’occasion a également été saisie par le cadre 2 Heures pour Kamita pour plaider en faveur de la reconnaissance officielle de ce patrimoine.

Le président du comité d’organisation, Beyirnè Fidèle Dabiré, a salué la réussite de l’événement. « Le 19 juillet constitue l’aboutissement de ces activités. Si elles ont connu un succès éclatant, c’est grâce à l’engagement des différents comités », a-t-il indiqué.

Représentant le parrain, le Dr Barthélémy Kaboré a salué la pertinence du thème de cette édition « Industrialisation et opportunités démographiques au Sahel à l’ère des fractures géopolitiques ». Selon lui, les actions de 2 Heures pour Kamita s’inscrivent en complémentarité avec les ambitions nationales en matière d’éducation ainsi qu’avec l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité fondée sur le civisme, le patriotisme et la valorisation des références culturelles.

Représentant le parrain, Dr Barthélémy Kaboré

Parmi les nouveautés de cette édition figurent l’introduction des noms des mois en mooré et l’intégration des 42 lois de Maât dans les supports de sensibilisation.

Pour le cadre 2 Heures pour Kamita, la bataille du calendrier est avant tout celle de la dignité. En attendant une réponse des autorités, il entend continuer à faire vivre ce repère chaque 19 juillet.

Bassirou BANDE

Pour Burkina 24

Rédaction B24

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