Médecine traditionnelle : Manga accueille la 14ᵉ SNMTA et la 24ᵉ JAMT

Les membres du comité d’organisation de la 14ᵉ Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative (SNMTA), ainsi que de la cérémonie commémorative de la 24ᵉ Journée africaine de la médecine traditionnelle (JAMT), ont animé un point de presse, ce lundi 24 août 2026. À cette occasion, ils ont présenté les différentes articulations qui meubleront ces deux rendez-vous, prévus du 31 août au 5 septembre 2026 à Manga, chef-lieu de la région du Nazinon.

Au Burkina Faso, plus de 500 tradipraticiens sont reconnus par le ministère de la Santé et 18 produits traditionels sont reconnus. Selon Dr Esaïe Kindo, chef du service de la médecine traditionnelle, la médecine traditionnelle occupe une place importante dans les parcours de soins des populations. Il a rappelé que celle-ci repose sur des savoirs médicaux traditionnels, des pratiques, des expériences et des ressources qui constituent un patrimoine sanitaire, scientifique, culturel et économique de grande valeur.

«Cette réalité impose à l’État une responsabilité claire : organiser le secteur, protéger les populations, renforcer la qualité et la sécurité des pratiques et des produits, soutenir la recherche et l’innovation, et bâtir une collaboration maîtrisée entre médecine traditionnelle, médecines alternatives et médecine conventionnelle», a-t-il mentionné.

Dr Esaïe Kindo, chef du service de la médecine traditionnelle
Dr Esaïe Kindo, chef du service de la médecine traditionnelle

C’est dans cette perspective, a-t-il poursuivi, que le Burkina Faso a engagé des actions d’institutionnalisation et de réglementation de la médecine traditionnelle. «La JAMT, instituée en 2003 à l’échelle africaine, offre chaque année un cadre de dialogue sur les acquis, les défis et les perspectives du secteur.

La SNMTA, organisée sous son format actuel depuis 2014, complète cette dynamique par des activités de renforcement des compétences, de partage d’expériences, de sensibilisation, d’exposition et de rapprochement entre les acteurs», a-t-il expliqué.

Par ailleurs, Dr Esaïe Kindo a rappelé que l’édition 2026 intervient dans un contexte où le Burkina Faso a affirmé sa volonté de consolider sa souveraineté sanitaire. «Cette souveraineté ne peut se limiter à l’accès aux infrastructures ou aux produits importés. Elle suppose également la capacité de mobiliser, d’évaluer, de sécuriser et de valoriser nos ressources endogènes, au bénéfice de la santé de nos populations», a-t-il dit.

Il a informé que la 24ᵉ JAMT sera célébrée sous le thème « Réflexion sur les efforts de recherche et de développement en matière de médecine traditionnelle pour la mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle dans la Région africaine ».

«Ce thème nous invite à dépasser la seule reconnaissance de la médecine traditionnelle. Il nous appelle à produire des connaissances, à documenter les pratiques, à renforcer l’évaluation de la qualité, de la sécurité et de l’efficacité, et à transformer les résultats probants de la recherche en solutions de santé accessibles», a-t-il souligné.

La 14ᵉ SNMTA sera, quant à elle, placée sous le thème « Introduction des médicaments traditionnels améliorés dans les directives nationales de prise en charge des maladies au Burkina Faso : défis et opportunités pour l’atteinte de la souveraineté sanitaire ».

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«Ce thème pose une exigence fondamentale. L’introduction de médicaments traditionnels améliorés dans les directives nationales ne peut être ni automatique ni simplement déclarative. Elle doit reposer sur des données scientifiques suffisantes, une évaluation rigoureuse, une réglemention appropriée, des normes de qualité, une pharmacovigilance effective, une production maîtrisée et des indications thérapeutiques clairement définies. C’est à ce prix que nous protégerons les patients et donnerons durablement confiance aux professionnels de santé comme aux populations», a-t-il ajouté.

En rappel, plusieurs activités sont prévues, notamment des communications entre des infirmiers chefs de poste et des pharmaciens de la région, une séance de don de sang, une clinique mobile de dépistage des cancers de la femme, une plantation d’arbres, un cross populaire suivi d’une séance d’aérobic, ainsi qu’une nuit de la médecine traditionnelle et alternative.

W.S

Burkina 24

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