Symboles et distinctions honorifiques dans l’AES : « N’ayons pas peur d’être différents », exhorte le Premier ministre burkinabè

Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Camarade Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mercredi 2 septembre à Ouagadougou, une délégation des secrétaires généraux des Grandes Chancelleries des pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES). Présentée au Chef du Gouvernement par le Grand Chancelier des Ordres burkinabè, le Général de brigade à la retraite Pingrenoma Zagré, la délégation a recueilli les orientations du Premier ministre pour renforcer la transmission des valeurs nationales à la jeunesse et ancrer le système de reconnaissance du mérite dans les identités des peuples.
Réunis dans la capitale burkinabè pour leur première rencontre technique, les secrétaires généraux des Grandes Chancelleries du Burkina Faso, du Mali et du Niger échangent sur les cadres juridiques et institutionnels de leurs chancelleries afin de proposer les fondements d’un cadre commun de reconnaissance du mérite dans l’espace confédéral.

Le Chef du Gouvernement a salué la tenue d’une telle rencontre, qui s’inscrit dans la dynamique de concertation prônée par les leaders des pays de l’AES. Pour le Camarade Premier ministre, les réflexions menées lors de cette rencontre doivent s’inscrire pleinement dans la démarche de rupture et d’affirmation de la souveraineté portée par les États de l’AES. Relevant que les pratiques de nombreuses chancelleries demeurent largement marquées par l’héritage colonial, il a appelé à des réformes qui accordent toute leur place aux références historiques, aux identités culturelles et aux valeurs propres aux peuples de la Confédération.
« N’ayons pas peur d’être différents. Dans nos discours et dans les symboles, nous devons célébrer notre identité », a affirmé le Camarade Premier ministre. Il a ainsi invité ses interlocuteurs à puiser dans les traditions et les réalités socioculturelles des trois pays pour repenser les formes et les symboles de reconnaissance et de valorisation du mérite.
Le Chef du Gouvernement a également exhorté les Grandes Chancelleries à mener une communication plus active, particulièrement en direction de la jeunesse. Il les a engagées à intégrer davantage la pédagogie et la sensibilisation dans leurs actions pour faire connaître les symboles et les valeurs de la Nation et en expliquer la signification, afin d’éveiller et de renforcer, chez les jeunes, l’amour de la Patrie et le respect de ses symboles.
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À la sortie de l’audience, le Grand Chancelier des Ordres burkinabè a précisé la finalité des réflexions en cours. « À terme, les conclusions issues de ces travaux devront permettre de définir les valeurs, les critères et les symboles devant encadrer l’attribution des distinctions honorifiques dans l’espace confédéral », a-t-il souligné.
Pour sa part, Adama Traoré, chef de cabinet de la Grande Chancellerie du Mali, a rappelé que la reconnaissance du mérite occupait déjà une place importante dans les sociétés africaines, bien avant l’instauration des systèmes modernes de décorations.
« Dans nos traditions, la reconnaissance du mérite existait au sein des communautés. Les hommes et les femmes qui faisaient preuve de courage, de bravoure ou qui se distinguaient par leur travail et leur contribution à la communauté étaient reconnus et valorisés », a-t-il expliqué.
Selon lui, les travaux qui les réunissent à Ouagadougou aux côtés de leurs homologues burkinabè doivent permettre de remettre en lumière ces mécanismes traditionnels et de les adapter aux réalités contemporaines de la Confédération. L’ambition est également de promouvoir une reconnaissance du mérite qui valorise toute personne contribuant de manière remarquable, par son engagement, son travail ou sa bravoure, à l’édification de la Nation et de l’espace confédéral.
Les orientations du Premier ministre invitent ainsi les Grandes Chancelleries à conjuguer reconnaissance du mérite et transmission des valeurs pour faire des distinctions honorifiques une expression de l’identité, du patriotisme et de la souveraineté des peuples de l’AES.
Source : DCRP/Primature




