JNLAV : A Zorgho et Nagréongo, la chasse aux moustiques mobilise les communautés

Et si la meilleure arme contre le paludisme commençait tout simplement par un coup de balai ? À Zorgho et Nagréongo, les populations ont choisi de ne pas laisser les moustiques gagner du terrain. Le 6 septembre 2026, personnels de santé, autorités coutumières et religieuses, riverains et appelés à l’immersion patriotique se sont mobilisés pour traquer les gîtes larvaires et assainir leur cadre de vie, dans le cadre du 2e passage des Journées nationales de lutte antivectorielle (JNLAV).
Le paludisme reste une préoccupation majeure de santé publique au Burkina Faso. Pour freiner sa propagation, la lutte contre le moustique vecteur passe aussi par des gestes simples. Débarrasser les espaces des eaux stagnantes, nettoyer les caniveaux et maintenir les lieux de vie propres.
C’est tout l’enjeu du 2e passage des Journées nationales de lutte antivectorielle (JNLAV), dont les activités ont conduit les équipes à Zorgho et Nagréongo, dans la région de l’Oubri, le 6 septembre.
À Zorgho, la mobilisation était particulièrement visible. Dans le district sanitaire, les différents acteurs se sont retrouvés autour d’une même priorité, réduire les endroits favorables à la prolifération des moustiques.

Pour le Médecin chef du district de Zorgho, Dr Delphin Kaboré, la santé ne peut être dissociée de l’hygiène et de l’assainissement. « L’assainissement est la base de la santé, surtout dans le contexte actuel où les maladies vectorielles sont très fréquentes », a-t-il souligné.
Au-delà de l’opération ponctuelle, le médecin souhaite voir les communautés adopter durablement les bonnes pratiques. « L’objectif est de mobiliser les communautés afin qu’elles puissent elles-mêmes s’approprier leur assainissement et leur hygiène », a-t-il ajouté.
Dans l’enceinte de l’hôpital, la mobilisation n’est pas passée inaperçue. Venu accompagner son épouse pour son accouchement, Illiasse Sawadogo a apprécié l’initiative.
« Ce que nous voyons ce matin nous touche énormément. Avant, quand on venait à l’hôpital, les moustiques nous dérangeaient beaucoup. Mais avec ce qu’on voit aujourd’hui, ça nous rassure que ces moustiques ne seront plus une menace », a-t-il témoigné.

Après Zorgho, cap sur Nagréongo. Dans cette localité, la lutte contre le paludisme porte aussi un visage bien connu. Celui d’El Hadj Saïdou Bikienga, dit Saïd Nagréongo, sacré champion régional de la lutte contre le paludisme.
Depuis plusieurs années, il multiplie les initiatives et les actions de sensibilisation pour contribuer à faire reculer la maladie. Une mobilisation qui lui a valu une reconnaissance régionale et qui fait aujourd’hui de lui un acteur incontournable de la lutte contre le paludisme dans la localité.
Pour lui, lutter contre les moustiques, c’est aussi protéger le pouvoir d’achat des familles. « L’opération contribue non seulement à combattre les maladies, mais aussi à préserver les économies des familles. Si chacun rend son entourage propre, l’argent qu’on aurait dû dépenser à l’hôpital pourra être utilisé pour autre chose », a-t-il lancé.
À travers cette mobilisation, les JNLAV entendent ainsi faire de l’assainissement une affaire collective. Car derrière chaque caniveau nettoyé, chaque eau stagnante éliminée et chaque espace assaini, se joue une partie de la bataille contre le paludisme.
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Sié Frédéric KAMBOU
Burkina 24




