Guerre tarifaire : Le Québec durcit sa politique d’achat local et écarte les entreprises étrangères

Le Québec renforce sa politique d’achat local face à l’escalade de la guerre tarifaire avec les États-Unis. Le gouvernement de Christine Fréchette a adopté lundi 7 septembre 2026 une série de mesures qui restreignent l’accès de certaines entreprises américaines et étrangères aux appels d’offres publics, rapporte La Presse Ca.

Désormais, pour certains produits, les organismes publics et les municipalités devront privilégier des fournisseurs québécois ou canadiens. Dans le secteur du meuble, particulièrement touché par le conflit commercial, les appels d’offres pourront être réservés aux entreprises établies au Québec.

Le Centre d’acquisitions gouvernementales pourra notamment réserver certains appels d’offres aux entreprises ayant un établissement au Québec ou au Canada. Le gouvernement pourra également exiger que les biens soient produits ou transformés localement.

Une marge préférentielle de 15 % pourra par ailleurs être accordée en fonction de la valeur ajoutée québécoise ou canadienne. Québec demande également aux sociétés d’État d’adopter une stratégie d’achat local dans le contexte de la guerre tarifaire.

Les nouvelles mesures concernent aussi les contrats de construction de moins de 9,2 millions de dollars. Pour ces projets, le ministère des Transports, Santé Québec et la Société québécoise des infrastructures devront exiger qu’au moins 15 % de la valeur des matériaux et équipements utilisés soit d’origine québécoise ou canadienne.

Pour les projets dépassant ce seuil, des exigences supplémentaires pourront être imposées au cas par cas par décret.

Le gouvernement modifie en parallèle les modalités du Fonds offensif pour le renforcement des capacités économiques (FORCE) et du Programme d’aide d’urgence aux PME (PAUPME).

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Les entreprises pourront désormais bénéficier d’un moratoire sur le remboursement du capital et des intérêts d’un prêt déjà existant, et pas uniquement sur les nouveaux prêts accordés dans le cadre de ces programmes.

Le secteur forestier bénéficie également d’un assouplissement : les entreprises n’auront plus à démontrer une perspective de rentabilité à deux ans pour accéder aux programmes d’aide.

Québec met enfin en place un « groupe tactique » destiné à accompagner les entreprises souhaitant remplacer leurs fournisseurs américains par des fournisseurs québécois ou canadiens.

Pilotée par Investissement Québec International, avec le Secrétariat du Québec aux relations canadiennes et des organismes régionaux d’aide à l’exportation, cette équipe devra également aider les PME québécoises à développer leurs activités dans les autres provinces canadiennes.

Ces annonces interviennent alors que la riposte tarifaire du Canada contre les États-Unis entre en vigueur.

Avec ces nouvelles mesures, Québec entend utiliser les marchés publics comme levier pour soutenir les entreprises locales et réduire sa dépendance aux fournisseurs américains dans un contexte de tensions commerciales croissantes.

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