Sénégal : Le FMI au cœur d’un bras de fer politique à l’Assemblée

Au Sénégal, le Fonds monétaire international (FMI) s’est invité au cœur des débats le mardi 08 septembre 2026, à l’Assemblée nationale sénégalaise, lors de la déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo. Cela intervient une semaine après la conclusion d’un accord de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois entre l’Etat du Sénégal et l’institution de Bretton Woods.

Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo, a défendu le partenariat entre l’Etat sénégalais et le FMI présenté comme indispensable pour redresser les finances publiques du pays.

Dans son discours, Ahmadou Al Aminou Lo a annoncé une nouvelle stratégie économique fondée sur la sélection de projets à fort impact, une discipline budgétaire renforcée, une hausse des recettes de l’État, la rationalisation des dépenses publiques et une gestion plus rigoureuse de la dette. Selon lui, ces mesures doivent permettre de restaurer durablement l’équilibre des finances publiques.

Ce plaidoyer en faveur du FMI était sans compter les vives critiques, y compris au sein de la majorité présidentielle. Pour sa part, le député du Pastef Guy Marius Sagna a dénoncé un reniement des engagements de souveraineté économique portés par le parti au pouvoir, accusant frontalement le gouvernement de placer le Sénégal « sous la coupe du FMI », allant jusqu’à comparer le Premier ministre à un représentant des intérêts de l’institution financière internationale.

Les autorités sénégalaises sont engagés dans un équilibrisme en cherchant à assainir les finances de l’État après la découverte d’importantes irrégularités dans les comptes publics des années précédentes, tout en tentant de rassurer les partenaires financiers.

Outre les questions économiques, le Premier ministre a également abordé plusieurs sujets de société. Il a condamné la montée des discours xénophobes, appelant au respect des étrangers vivant au Sénégal, tout en rappelant que ces derniers doivent se conformer aux lois du pays. Ahmadou Al Aminou Lo a également réaffirmé que le gouvernement restait opposé à toute légalisation de l’homosexualité, assurant que cette position demeurait inchangée.

Source: Africanews

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina 24

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