Coopération sino-burkinabè : Yikonpin Armel Razak Bakoua, un entrepreneur au service du retour des compétences
De la formation en Chine à l’accompagnement des étudiants burkinabè, Yikonpin Armel Razak Bakoua entend faire de son expérience un levier au service du développement de son pays. À travers « Travel Express » et son projet « Back to Burkina Faso », le jeune entrepreneur mise sur l’innovation, la transmission des compétences et le retour des talents pour contribuer à bâtir un Burkina Faso plus autonome.
Chaque fois que l’occasion se présente, les autorités burkinabè et chinoises se félicitent de la qualité de leur coopération, qui s’étend à plusieurs domaines prioritaires, notamment l’agriculture, la santé, la défense, les infrastructures technologiques et l’éducation.
La dernière occasion en date remonte au lundi 7 septembre 2026, à l’occasion d’une audience accordée par le Premier ministre, chef du gouvernement burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, à l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Burkina Faso, Zhao Deyong.
Au sortir de cette entrevue, le diplomate chinois a évoqué un « échange franc et fructueux » avec son hôte sur les relations entre les deux pays. Il a également indiqué que plus de 8 000 visas avaient été délivrés en 2025 à des citoyens burkinabè pour des activités commerciales, des études, des formations et diverses missions professionnelles en Chine. Selon lui, cette mobilité croissante témoigne de la vitalité des échanges économiques, universitaires et humains entre les deux nations.
Si cette coopération repose sur les politiques mises en œuvre par les autorités des deux pays, elle s’appuie également sur le dynamisme de leurs peuples respectifs. De part et d’autre, le principe du « gagnant-gagnant » constitue un repère important dans le développement de ces relations.
Au Burkina Faso, plusieurs structures accompagnent les personnes désireuses de se rendre en République populaire de Chine pour des études, des formations ou des activités professionnelles. L’attractivité de cette destination s’explique notamment par les possibilités de formation et les opportunités qu’elle offre.

Yikonpin Armel Razak Bakoua est l’un de ces acteurs qui contribuent à rapprocher les jeunes Burkinabè de ces opportunités. Après des études d’ingéniorat en informatique en Chine, le jeune entrepreneur a fait le choix de rentrer dans son pays natal.
Son ambition, étant de mettre les connaissances acquises à l’étranger au service du développement national. En plus de valoriser son expertise dans le domaine informatique, il a créé « Travel Express », une structure qui accompagne les étudiants dans leurs projets d’études en Chine.
Du mandarin, une passerelle vers l’intégration
Ce lundi 14 septembre 2026, il nous reçoit dans ses locaux, à Ouagadougou, non loin du quartier des 1 200 logements. Il est 10 heures. Sur le chemin de son bureau, une salle attire notre attention. Une cinquantaine de jeunes bacheliers y suivent un cours de mandarin. Nous marquons une halte.
‘’ Nǐ hǎo ‘’ (你好), « Bonjour ! » ; ‘’Xièxie’’ (谢谢), « Merci » ; ‘’ Wǒ jiào…’’ (我叫…), « Je m’appelle… » ; ‘’ Wǒ shì… rén ‘’ (我是……人), « Je suis de nationalité… » ; ‘’ Wǒ… suì ‘’ (我……岁), « J’ai… ans » ; ‘’ Hěn gāoxìng rènshi nǐ ‘’ (很高兴认识你), « Ravi de vous rencontrer »… Les expressions se succèdent dans la salle.

Leyha Ouédraogo, formatrice, nous explique qu’il s’agit d’un cours d’adaptation axé sur les civilités, les nombres et les expressions courantes. Pour Sarah Mandibiga, apprenante, ces premières notions constituent déjà un atout en perspective de son voyage d’études. « Ce que j’ai déjà appris peut me servir, parce que je peux déjà me présenter, demander quelque chose », déclare-t-elle.
Caleb Bamogo suit, lui aussi, les cours afin de se familiariser avec le mandarin et l’anglais. « Je suis très satisfait de ce que j’ai appris ici parce que, comme je vous l’ai dit, avant, je n’avais aucune notion en mandarin. Mais en venant ici, j’ai appris beaucoup de choses. Je sais déjà comment me présenter, comment demander les prix des articles et autres. Vraiment, ça nous aide beaucoup », témoigne-t-il.
Pour le premier responsable de « Travel Express », cette formation vise à faciliter l’intégration culturelle des étudiants une fois sur le territoire chinois. Il explique que ces derniers pourront ainsi aborder plus aisément les premières étapes de leur apprentissage linguistique, notamment les cours préparatoires au HSK, le système d’évaluation de la langue chinoise. La formation est entièrement gratuite pour les nouveaux inscrits de la rentrée académique 2026-2027, précise-t-il.
« Travel Express », un accompagnement de bout en bout
Depuis sa création, « Travel Express » revendique l’accompagnement de centaines de jeunes burkinabè dans leurs projets d’études en Chine. La structure se donne pour mission de faciliter les démarches administratives et l’orientation des candidats. « Chez nous, tout ce que l’intéressé a à faire, c’est de nous confier son dossier, nous faire savoir ses choix et nous nous occupons de toute la procédure », fait comprendre Yikonpin Armel Razak Bakoua.

Au-delà de cette activité d’accompagnement, le jeune entrepreneur nourrit une ambition plus large. Celle de faire de la mobilité internationale un moyen de renforcer les compétences nationales, plutôt qu’une simple voie vers l’installation à l’étranger.
« Back to Burkina Faso », le pari du retour des compétences
C’est dans cette perspective qu’il travaille à la mise en place d’un programme dénommé « Back to Burkina Faso ». À travers cette initiative, Yikonpin Armel Razak Bakoua entend encourager les jeunes burkinabè à considérer les connaissances acquises à l’étranger comme des ressources à réinvestir dans leur pays. Pour lui, l’objectif ne saurait se limiter à partir étudier, à acquérir des compétences, puis à s’installer ailleurs. Il s’agit plutôt de faire de cette expérience une force pour le Burkina Faso.
Convaincu que le développement du pays passe par la mobilisation de toutes ses intelligences, il souhaite créer les conditions permettant aux compétences formées à l’extérieur de revenir contribuer à la transformation nationale. « Ce sont la somme des intelligences et des compétences de toutes les filles et de tous les fils du Burkina Faso qui permettront son développement », défend-t-il en substance.
Dans sa conception, « Back to Burkina Faso » devrait s’appuyer sur des partenaires et sur l’accompagnement de l’État burkinabè afin de favoriser la création de mécanismes de financement adaptés aux projets portés par les jeunes de retour au pays.
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L’ambition est de permettre à chaque porteur de projet, à chaque entrepreneur ou à toute personne disposant d’une idée innovante de disposer de conditions favorables pour la concrétiser, développer son activité et participer à la création de valeur au Burkina Faso.
À travers ce projet encore en cours d’élaboration, Razak Bakoua veut ainsi traduire son attachement à la patrie en actions concrètes. Son parcours illustre, à ses yeux, une conviction. Celle que l’ouverture sur le monde et l’acquisition de compétences à l’étranger peuvent prendre tout leur sens lorsqu’elles contribuent au progrès du pays d’origine.
Tambi Serge Pacôme ZONGO
Burkina 24




