Santé sexuelle : Briser le silence pour mieux se soigner

Entre tabous, automédication et produits miracles vendus dans la rue ou sur les réseaux sociaux, les troubles sexuels et l’infertilité restent des sujets difficiles à aborder. Pourtant, derrière une panne sexuelle ou une difficulté à concevoir, peut parfois se cacher une véritable maladie. Le Docteur Kiswendsida Blaise Sawadogo, médecin biologiste interne des hôpitaux à l’hôpital Yalgado Ouédraogo, appelle à briser le silence. 

‎À Ouagadougou comme ailleurs, le sujet se murmure davantage qu’il ne se discute. Une difficulté d’érection, une baisse du désir ou l’absence d’enfant dans un couple peuvent rapidement devenir source de honte, de moqueries ou de soupçons. Pour Dr. Kiswendsida Blaise Sawadogo, cette gêne constitue pourtant l’un des premiers obstacles à la prise en charge. « La sexualité, ce n’est pas seulement la volonté. C’est le corps et la tête qui travaillent ensemble », explique-t-il.

‎‎‎Chez l’homme, les troubles de l’érection peuvent être liés à une mauvaise circulation sanguine, au diabète, à l’hypertension, au tabac ou à certains déséquilibres hormonaux. Chez la femme, la fatigue, la charge mentale, les douleurs pendant les rapports ou les troubles hormonaux peuvent également perturber la vie sexuelle.

Docteur Kiswendsida Blaise Sawadogo
Docteur Kiswendsida Blaise Sawadogo

‎‎Le phénomène n’épargne pas les jeunes. Stress, manque de sommeil, sédentarité, alcool, tabac, drogues et consommation abusive de tramadol figurent parmi les facteurs évoqués par le médecin. À cela s’ajoute une pression moins visible à savoir celle de devoir « performer ». « Beaucoup de jeunes se comparent à des images irréelles et ont peur de ne pas assurer. Cette peur elle-même peut bloquer le corps », souligne le praticien.

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‎‎Mais derrière ces troubles peuvent aussi se cacher des pathologies plus sérieuses. Le diabète et l’hypertension peuvent notamment endommager les vaisseaux et les nerfs. Certaines infections sexuellement transmissibles, lorsqu’elles sont mal traitées, peuvent compromettre la fertilité. « Un trouble sexuel n’est jamais seulement un problème de chambre à coucher. C’est parfois, le corps qui nous prévient d’une maladie plus large », avertit Dr. Sawadogo.

‎‎L’infertilité, elle, demeure encore trop souvent imputée à la femme. Une perception que le médecin invite à corriger. Les causes peuvent être masculines, féminines, communes aux deux partenaires ou parfois inexpliquées.

Le bilan doit donc concerner les deux membres du couple. Face à ces difficultés, les produits dits « stimulants » vendus dans la « rue ou sur les réseaux sociaux » sans contrôle constituent un autre piège.

Docteur Kiswendsida Blaise Sawadogo

Composition inconnue, dosage incertain et interactions médicamenteuses peuvent exposer les consommateurs à des complications graves. Les produits dopants et certaines substances non contrôlées peuvent également affecter la production hormonale et la fertilité.

‎‎Pour le spécialiste, la réponse passe d’abord par la prévention et la consultation. « Vous n’êtes pas seuls et vous n’avez pas à avoir honte. Consulter, ce n’est pas un aveu de faiblesse. C’est le premier geste de courage vers la solution », insiste-t-il.

Au Burkina Faso, des possibilités de diagnostic et de prise en charge existent. Encore faut-il franchir la porte du centre de santé plutôt que celle du vendeur de « produits miracles ». Car, en matière de santé sexuelle, le silence ne soigne rien. Et l’automédication peut parfois transformer un problème traitable en véritable drame.

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Bassirou BANDÉ

Pour Burkina 24

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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