Génocide au Rwanda : non-lieu requis pour un Rwandais visé en France

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 Le parquet de Paris a reconnu le rôle plutôt « trouble » joué par le prêtre rwandais Wenceslas Munyeshyaka pendant la période du génocide à la grande surprise du Collectif des parties civiles pour le Rwanda, association créée en France et dont le président Alain Gauthier a déclaré à la VOA que  « c’est incompréhensible quand on connaît les victimes, les rescapés et leurs témoignages qui sont accablants », a-t-il indiqué.

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Agé de 57 ans, le prêtre, accueilli en France peu après le génocide avec l’aide de l’Eglise catholique, et qui officie aujourd’hui dans une paroisse du nord-ouest du pays, n’en a toutefois pas terminé avec cette affaire, l’une des plus emblématiques parmi les vingt à trente dossiers encore instruits à Paris.

Il appartient désormais aux juges d’instruction du pôle spécialisé dans les crimes contre l’humanité d’ordonner ou non son renvoi devant une cour d’assises.

Pendant le génocide, durant lequel 800.000 personnes, principalement de la minorité tutsi, ont été massacrées entre avril et juillet 1994, selon les chiffres de l’ONU, le prêtre était vicaire de la paroisse de la Sainte-Famille à Kigali, où furent accueillis des milliers de civils.

L’acte d’accusation du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui s’était dessaisi en 2007 au profit de la justice française, dépeint un bourreau. Le procureur du TPIR lui reprochait d’avoir participé à des réunions planifiant des massacres et d’avoir livré des civils tutsi aux milices hutu, les Interahamwe. Il était aussi accusé d’avoir lui-même abattu trois jeunes Tutsi, et encouragé ou commis des viols.

 »De nombreux témoins rescapés de l’église de la Sainte Famille à Kigali ont accusé l’abbé Munyeshyaka d’avoir été un acteur actif dans le génocide des Tutsi », affirme M. Gauthier.  »Un tribunal militaire au Rwanda avait condamné le prêtre à la prison à perpétuité. Vingt ans d’enquêtes pour en arriver là: c’est incompréhensible. Ce 19 août 2015 sera marqué par une immense tristesse pour les rescapés de cette paroisse. Probablement aussi par une grande colère », ajoute-t-il dans son communiqué.

En 2006, un tribunal militaire rwandais l’avait condamné en son absence à la prison à vie.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

Source : VOA avec AFP

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