Justice militaire : La défense charge les OPJ et un greffier

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Le procès sur le plan d’évasion à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) a repris ce 9 janvier 2017 à la Justice militaire. Les avocats de la défense se sont plaints de l’attitude des Officiers de police judiciaire (OPJ) lors des interrogatoires et de celle d’un greffier qui aurait dit à l’un d’eux qu’« il va périr en prison ».

« En réalité, le parquet militaire n’a pas assez d’éléments contre nos clients », affirme Me Hien Ollo Larousse, avocat à la cour. Même son de cloche de la part de Me Zongo Thimotee, avocat commis d’office pour la défense du soldat de 1er classe Coulibaly Patrice.

Il a été inculpé selon les termes de son avocat Me Zongo Thimothee, sur la base d’ « informations périmées ». Des informations que lui aurait communiquées Pafadnam Mahamadi Maiga. Or l’intéressé ne comparaît pas. « Où est Pafadnam Madi? », questionne Me Zongo. Et l’avocat de conclure que le commissaire du gouvernement devrait « reconnaître qu’ils n’ont pas d’éléments » de preuve contre l’accusé.

 « La police militaire a toujours bien fait son travail »

Me Hien Ollo Larousse qualifie de « regrettable » la manière dont les choses se sont passées en enquête préliminaire. Il a laissé entendre que « la majeure partie des accusés disent qu’en enquête préliminaire, ils ont eu des problèmes avec les OPJ ». Toujours selon lui, lors de la séance plénière, son client, le caporal Ouoba Papandi aurait « signé sous la contrainte ».

La différence de concordance entre les signatures apposées devant le juge d’instruction et sur le procès-verbal en est la preuve, dit-il. Des propos que corroborent certains des accusés, qui ont fait cas de « menaces» et d’intimidations de la part des OPJ. « La police militaire a toujours bien fait son travail », rétorque le commissaire du gouvernement, procureur près le tribunal militaire.

« Il va périr en prison »

Un incident a émaillé l’audience de ce 9 janvier et mettant en cause un greffier. Suspendu à 12h, le procès, qui a repris à 13h48, a été suspendu à nouveau au motif que « les menaces continuent » à l’endroit des accusés.

Lesdites menaces proviendraient d’un greffier. En effet, une des avocats commis pour la défense des accusés a interpellé le président du tribunal sur un incident d’intimidation qui a eu lieu lors de la pause. Un greffier aurait signifié à un prévenu qu’il va « périr en prison ».

Un fait que l’avocate a évoqué dès  la reprise de l’audience. « Un avocat n’est pas une goyave », a-t-elle signifié au président du tribunal qui a alors immédiatement procédé à la suspension de l’audience avant de la rouvrir quelques minutes plus tard après que l’incident ait été clos.

Du contenu même de l’acte d’accusation

Il est reproché à certains des prévenus, accusés d’avoir pris part à la rencontre chez le caporal Ouédraogo Madi, de n’avoir pas alerté la hiérarchie en rendant compte du coup qui était en préparation. Ce qui leur vaut de comparaître sous le chef d’inculpation d’association de malfaiteurs. Ce que rejette la défense. 

« L’infraction qu’on leur reproche, l’association de malfaiteurs. Tant qu’il n’y a pas une résolution criminelle arrêtée de commun accord, il n’y a pas d’infraction. Même si Madi seul se levait et disait, allons attaquer le camp de Yimdi, que les autres ne se prononçaient pas et se lèvent pour aller chez eux, il n’y a pas association de malfaiteurs. Il faut qu’eux tous de commun accord, disent okay. Nous sommes d’accord, nous allons aller attaquer le camp de Yimdi. En ce moment, il y a l’accord commun, il y a la pensée, la résolution criminelle. Et ce n’est pas le cas. Si vous êtes allez écouter et vous n’avez pas adhéré, il n’y a pas de résolution criminelle. Mais on veut forcer pour dire qu’il y a une résolution criminelle », argumente Me Hien Ollo Larousse.

Le nom du caporal Ido, en mission au Mali a été cité au cours des auditions. Le tribunal ne pouvant accéder à la requête d’audition, l’avocat qui avait demandé qu’il soit entendu, a dit avoir pris acte. La séance alors suspendue, reprendra le 10 janvier 2017.

Oui KOETA

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