Le Rwanda, prêt et capable pour juger Hissène Habré.

On attendait d’en savoir plus. Cette fois, c’est confirmé, et ce de la part des autorités rwandaises, confiantes en leur système judiciaire. Des discussions ont bien eu lieu entre l’Union Afrique et le Rwanda, concernant la capacité du pays et sa disposition à juger Hissène Habré, inculpé en 2000 pour « crimes contre l’humanité, crimes de guerre et acte de torture ».

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Le ministre rwandais de la justice, Tharcisse Karugarama. Ph. newtime.co

Depuis que le Sénégal a décidé de remettre le dossier de l’ancien président tchadien à l’Union Africaine, le procès Hissen Habré semble devenu un dossier brulant et, il faut le reconnaitre, comme un cauchemar pour l’organisation panafricaine. A plusieurs reprises et, on se souvient encore, en fin juin au 17ème sommet de l’UA à Malabo, le président de la commission a levé le ton pour préciser la position de son institution et condamner « la manière dont la justice est rendue » ; relayant ainsi des voix d’intellectuelles préoccupées de retrouver là, la souveraineté d’un continent devenu à leurs yeux victimes d’une justice pénale internationale et un procureur qui « ne condamne que des Africains ».

Capture écran: Le président de la commission de l'UA au sommet de Mlalabo.

C’est tout dire de la volonté ferme et permanente de l’Union Africaine de faire aboutir ce dossier sur le territoire africain. Car pour Jean Ping, l’Afrique ne ferait qu’emboiter légitimement le pas à d’autres, les Etats Unis en l’occurrence, si elle décidait qu’ « aucun africain ne doit être jugé en dehors du territoire africain ». Cela malgré les coûts liés à un tel « privilège ». Le Sénégal avait en effet demandé 18 milliards de francs Cfa pour faire face à la demande de l’Union Africaine en 2006 de juger celui dont il est devenu l’hôte. De ce qu’il faut pour que l’Afrique parvienne à juger ses propres criminels, il y a tout ce qui est lié à l’efficacité des systèmes judiciaires, aux coûts financiers de procès hors du commun, et bien entendu la volonté politique, qui semble assez rare en la matière. Du reste, c’est une volonté que vient d’exprimer clairement le Rwanda. Selon son ministre de la justice, Tharcisse Karugarama, au micro de Radio France Internationale, son pays est prêt et capable de juger Hissen Habré, comme tout autre cas du genre.

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Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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