Le CIFDHA appelle à la consolidation de la liberté de la presse

Ceci est le message du Centre d’information et de formation en matière de droits humains en Afrique (CIFDHA) à l’occasion de la journée internationale de la liberté de presse.

En ce jour où le monde célèbre la journée mondiale de la liberté de la presse, le Centre d’information et de formation en matière de droits humains en Afrique (CIFDHA) voudrait saisir cette occasion pour saluer le sacrifice consenti par les journalistes pour collecter et diffuser des informations relativement aux atteintes aux droits humains à travers le monde. Par leur engagement constant et leur courage, les journalistes apportent une contribution décisive à la promotion et à la défense des droits humains.

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Nous voudrions en particulier magnifier le rôle des journalistes et hommes de média du Burkina Faso. Par leur abnégation et leur ténacité, de nombreux acquis en matière de liberté d’expression et de la presse ont été engrangés depuis le sacrifice de Norbert Zongo en 1998. L’émergence d’une presse d’investigation professionnelle et l’existence d’espaces d’expression libre des opinions attestent de la qualité du travail et des efforts consentis par les journalistes du Burkina Faso. Et si le peuple burkinabè peut se prévaloir aujourd’hui d’une certaine maturité politique qui s’est concrétisée par l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, c’est aussi grâce au combat et à la détermination des hommes de médias qui se sont résolument engagés en faveur de la démocratie et des droits humains.

Mais l’année 2014 a aussi été marquée par les grèves des travailleurs des médias publics sous la houlette du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC). Par ces actions, les travailleurs entendaient dénoncer entre autres les pressions multiformes qu’ils subissent dans le traitement de l’information. Les attaques dirigées contre des médias publics et en particulier la RTB lors de l’insurrection populaire sont venus traduire la désapprobation publique face à la caporalisation des médias publics et nous invite à la réflexion sur le rôle des médias publics et le lien qui doit exister entre ceux-ci et les dirigeants politiques du moment.

Le renouveau démocratique engagé après l’insurrection populaire et les réformes institutionnelles en cours commandent de rebâtir notre démocratie sur des médias publics indépendants qui assument effectivement leur mission de service public. A cet effet, le CIFDHA entend travailler à garantir une protection constitutionnelle des principes de pluralisme médiatique et de la liberté de la presse y compris des médias publics. A cet effet, nous plaidons pour que le pluralisme et la liberté d’expression et de la presse intègrent les dispositions intangibles de notre constitution au même titre que le système multipartite. Notre conviction est que sans une presse plurielle, libre et indépendante, il n’y a point de démocratie ni de garantie possible des droits humains.

Dans ce contexte électoral du Burkina Faso, le CIFDHA en appelle à la responsabilité et à la conscience professionnelle des journalistes afin d’assurer une couverture électorale juste et équilibrée garantissant l’égalité de traitement des candidats et des partis. Le CIFDHA entend exercer son rôle de vigie et de monitoring des droits humains lors de ces élections. Il souhaite collaborer avec la presse afin de répertorier et rendre public toutes les actions et propos des acteurs politiques qui seraient attentatoires aux droits humains et aux libertés fondamentales.

Enfin, le CIFDHA appelle les potentiels candidats à la présidentielle et les partis à prendre des engagements forts dans le cadre de leurs projets de société afin de :

  • Garantir la liberté d’expression et de la presse ainsi que le pluralisme ;
  • Garantir l’indépendance et l’objectivité des médias publics dans le traitement de l’information ;
  • Renforcer, lorsque le contexte le justifie, la sécurité des journalistes ;
  • Promouvoir les espaces d’expression libre des opinions afin d’en faire des instruments privilégiés de participation citoyenne ;
  • Et à cet effet, former et sensibiliser les acteurs sur la liberté d’expression afin que ce droit soit davantage facteur de cohésion sociale et de paix.

Le CIFDHA entend par conséquent œuvrer dans ce sens en partenariat avec tous les acteurs partageant la même conviction.

   Le coordonnateur général

Étienne KABORÉ


NDLR : Le titre est de l’auteur

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