Education nationale : Le SYNAPAGER dénonce des nominations

4880 0

Ceci est une déclaration du  Syndicat national des Personnels d’Administration et de Gestion de l’Education et de la Recherche (SYNAPAGER) sur certaines nominations au sein du Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation.

Camarades militantes et militants,

Dans ces dernières années, nous assistons de plus en plus à une brimade de notre corporation par les autorités. Face à cette injustice criarde et galopante, nous voulons prendre les autorités du Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, les autorités du Ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation et l’opinion nationale à témoin sur la nomination d’agents non qualifiés et non formés dans une école de formation (ENAM) au poste d’économe dans les collèges.

Il s’agit notamment d’enseignants débauchés principalement des classes du primaire pour assurer la  gestion financière et matérielle au niveau des Collèges d’Enseignement général (CEG) et Lycées.

C’est le cas par exemple au Centre-Sud où cinquante-deux (52) instituteurs certifiés (IC) ont été nommés  par note de service N°2016-006/DRENA/SG/DRENA-CS du 14 janvier 2016. Cette note de nomination tout comme  l’arrêté N° 2015-0257 MENA/SG/DRHdu 31 août 2015 portant nomination d’économes de collèges d’Enseignement Général dans les régions du Centre, du Centre-Est et du Sud-Ouest, ne sont pas conformes à l’arrêté N°2014-65/MENA/SG/DRH portant conditions et modalités d’affectation des instituteurs certifiés et instituteurs adjoints certifiés à des postes d’administration et de gestion que nous condamnons d’ailleurs. Ce  dernier précise à ses articles 4 et 6 les conditions et l’ancienneté requises pour être affecté à un poste d’administration et de gestion et non à un poste de nomination.

Par ailleurs, nous ne sommes pas convaincus de la nécessité accrue de service comme le recommande l’article 6 du même arrêté et nous sommes en droit de nous questionner sur l’urgence et les critères qui ont prévalu dans ces nominations. A la limite ce sont des nominations de complaisances. Cette pratique présente des dangers pour le système éducatif pour plusieurs raisons.

Elle est de nature à hypothéquer non seulement l’avenir des élèves du primaire car créant davantage de postes vacants mais aussi à saper la qualité et l’efficience tant recherchées dans la gestion des ressources insuffisantes dont disposent nos établissements. C’est à en croire que même sans formation, on peut gérer convenablement les ressources de ces établissements. Pourquoi alors recruter des agents et les former pendant deux (02) ans dans une prestigieuse école comme l’Ecole nationale d’Administration et de Magistrature ? Certaines difficultés liées à la gestion des CEG trouvent souvent leur source dans ces nominations arbitraires. Nous restons déterminés à trouver une solution qui ne compromet ni la bonne gestion de nos établissements, ni le corps des PAG, ni l’avenir des élèves.

En outre, il y a un grand risque relatif à l’usurpation de fonction et d’emploi. En dépit des dispositions de l’arrêté 2014 cité précédemment, qui stipule à son article 11 que l’affectation d’un instituteur certifié ou d’un instituteur adjoint certifié à un poste de d’administration et de gestion ne donne pas droit à un changement d’emploi ni de catégorie et qu’ils peuvent être redéployés en classe, nous restons convaincus que si rien n’est fait, bientôt nous assisterons à des revendications tout azimut  pour des reversements dans les emplois des PAG. Nous en avons pour preuves le reversement de près d’un millier d’enseignants dans le corps des PAG.

Camarades militantes et militants,

Il est clair que ces nominations au prétexte de pallier le manque de personnel dans les établissements d’enseignement post-primaire est sans vision lointaine. En sus de cette question, il y a la question de l’ouverture du concours des PAG aux enseignants. C’est le seul corps dans lequel les agents d’autres corps viennent concourir. Selon les textes d’orientation des emplois spécifiques (TOES) du MENA, la session de 2012 ne devrait concerner que les PAG mais vous n’êtes pas sans le savoir que même étant convaincues de la légitimité et de la légalité de la revendication des PAG, les autorités de l’époque ont cédé sous la pression des enseignants. Force n’a pas été à la loi mais au plus fort !

Aussi, il convient de rappeler que la gestion du système éducatif échoit en premier aux PAG et toute solution en la matière devrait être prise d’abord avec les personnels de ce cadre en vue d’une meilleure prise de décision. D’ores et déjà, nous interpellons le Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Protection sociale et celui chargé de l’Education nationale et de l’Alphabétisation à mettre fin à ces pratiques afin que les rapports de force cèdent leur place au droit, à la justice et à l’équité pour un Burkina nouveau.

Le SYNAPAGER exige :

  • l’annulation immédiate des actes pris pour ces nominations et l’application du droit ;
  • le recrutement du personnel d’administration et de gestion au prorata des besoins ;
  • la mise en œuvre immédiate de la description des postes de travail et des emplois ;

 Camarades militantes et militants du SYNAPAGER,

Plus rien ne doit être comme avant ! Trop, c’est trop ! Pour le respect et la valorisation du corps des PAG, restons déterminés, vigilants et prompts à répondre à d’éventuels appels !

 Nan laara, an sara !

Vive les PAG !

Vive le SYNAPAGER !

UNITE-ACTION-EFFICIENCE

Le Bureau exécutif national (BEN)

Votre commentaire sur ce sujet

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


B24 Opinion

Les articles signés B24 Opinion sont la propriété de Burkina24 et soumis par nos lecteurs. Pour partager votre coup de gueule à publier sur Burkina 24 rendez-vous sur Coup De Gueule Coup De Coeur

Article du même genre