BRACED : Des communautés préparées à résister aux caprices de la nature

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Avec le programme BRACED* financé par le Département pour l’aide internationale britannique (DFID) et implémenté dans sept (07) communes dans les provinces du Sanmatenga et du Namentenga, ce sont au total 720 personnes majoritairement des femmes dont la résilience a été renforcée face aux phénomènes climatiques extrêmes et aux catastrophes.

Il est 14h ce mardi 13 février 2018 lorsque nous franchissons l’entrée de la superficie d’un hectare protégée par un grillage.  Djingpoko Sebgo, 35 autres femmes et 4 hommes du village de Kario dans la commune de Yalgo s’occupent chacun de la petite portion qui lui a été attribuée pour y faire du maraîchage et subvenir aux besoins des siens, notamment de la scolarisation des enfants. Mais aussi l’achat de vivres en cas de caprices de dame nature à l’issue de la saison des pluies.

« Wahou ! »

Un dispositif (un château d’eau alimenté par 08 plaques solaires  combiné à une pompe enfouie dans le sol et protégé par une fermeture métallique) procure de l’eau potable utilisée aussi bien pour les besoins des maraîchères et leur consommation (eau de boisson). « Donc, on n’a même pas besoin de puiser. Wahou ! », s’exclamera une consœur  émerveillée par le dispositif qui contribue à « faciliter le travail des femmes qui veulent s’occuper ».

Sur cette superficie d’un hectare, une quarantaine de femmes s’adonnent au maraichage à l’issue de la saison pluvieuse. « Chacune a sa parcelle. Comme Oxfam et ATAD sont des organisations humanitaires, on cible les plus vulnérables (les femmes)  pour le maraichage où on identifie à l’intérieur du village cette catégorie »,  explique Ousseini Kouraogo, directeur technique à l’Alliance technique d’assistance au développement (ATAD).

Le dispositif fonctionnant à base d’énergie solaire qui permet à 36 femmes et 4 hommes du village de Kario dans la commune rurale de Yalgo de faire du maraîchage et d’avoir de l’eau potable

« Wallahi, ils sont venus nous soutenir, ça nous aide. On ne souffre pas pour obtenir l’eau pour le maraichage et pour boire. Avant, quand on se levait, c’était la souffrance. La souffrance a disparu grâce à votre aide », témoigne Djingpoko Sebgo, une productrice d’un âge avancé. La souffrance incluait de travailler sur les sites aurifères, informe  Sebastian Ouamtinga Zongo, animateur d’un autre projet dont la mise en œuvre est assurée par ATAD.

« Franchement,  dit-il,  il fallait que ce projet intervienne puisqu’avant que le projet ne soit là, la population travaillait dans les sites aurifères. Les femmes s’adonnaient à cette tâche qui n’est pas du tout facile ». Avec cette réalisation qui leur profite « énormément », il se fait le porte-parole de ces femmes avec qui il vit au quotidien.

« Ce qu’il faut demander encore, c’est étendre ce site et avoir beaucoup de perspectives pour améliorer les conditions de vie humaines ici ». Une extension qui permettrait qu’après les récoltes, les bénéficiaires s’adonnent au maraichage « pour compenser ce qu’elles ont comme perte de l’autre côté (champs ndlr) ».

Le village de Tikato dans la commune de Pissila a bénéficié également du programme débuté en janvier 2017 et arrivé à terme en décembre 2017. Là, contrairement à Kario où un forage fonctionnant à base d’énergie solaire  a été réalisé, un système d’eau de surface avec motopompe qui renvoie dans les deux bassins pour l’irrigation gravitaire a été procuré aux 40 bénéficiaires dont 03 hommes.

Hadaogo Yougbaré, chargé de programme à Oxfam Burkina a suivi de bout en bout le projet BRACED qui se voulait Construire la résilience et l’adaptation aux climats extrêmes et aux catastrophes.  Son implémentation a été rendue possible par un consortium de 10 institutions et ONG pour le compte de la région du Centre-nord dans le Namentenga et le Sanmatenga avec un total de 7 communes dans lesquelles 18 sites ont été réalisés au profit de 720 bénéficiaires majoritairement des femmes.

« Au vu des différentes ventes, analyse le chargé de programme, les femmes se font une source de revenus qui doit être pérenne parce qu’au vu déjà des légumes qui sont mis en place dans ces différents sites, les femmes disposent des légumes qu’elles peuvent vendre de janvier jusqu’en avril ».

De l’extension des sites d’expérimentation

Qui dit projet, dit fin de projet. BRACED est à terme. Hadaogo Yougbaré se réjouit qu’un certain nombre de rudiments aient pu été transférés à ces communautés. « Au vu des résultats que nous tous nous observons, nous restons convaincus, persuadés que ces communautés peuvent  faire une extension », constate-il.

Sur le site de Kario,  « techniquement, avance de son côté le directeur technique d’ATAD, il y a des possibilités d’extension. On peut toujours renforcer les capacités de la pompe. On peut augmenter le nombre de plaques (solaires). Même la pompe immergée en terme de puissance, ça peut être augmenté ».

Pour ce qui est du site de Tikato, l’eau de surface pouvant se raréfier, Hadaogo Yougbaré milite pour une politique de maitrise de l’eau. « Quand on regarde, dit-il, c’est le facteur limitant la production maraichère ». Un obstacle qui peut être surmontée par la construction de retenues d’eau telles que les barrages où l’eau  peut être stockée pour utilisation ultérieure. Des barrages sur lesquels il faut veiller afin qu’un jour, dit-il, les digues ne viennent à céder, ce qui « peut mettre au point zéro toutes les réalisations ».

Oui KOETA

Burkina24


* BRACED : Bulding Resilience and Adaptation to Climate Extremes and Disasters veut dire Construire la résilience et l’adaptation aux climats extrêmes et aux catastrophes.


Avec 3 chèvres et 1 bouc au départ, cette autre bénéficiaire (sourde et muette) qui a vendu une partie pour subvenir au besoin de sa famille a un cheptel de six têtes.
Avec un peu plus de 30 000 FCFA au départ, la cour Mme Sawadogo se remplit de poules, de coqs avec un bouc, fruits de la vente antérieure pour les besoins de la famille.

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