Retour des marches-meetings au Burkina : L’avis de Harouna Dicko

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Ceci est l’avis de Harouna Dicko sur la marche-meeting du 29 septembre 2018.

De la proposition de création du Sénat par le CCRP en juin-juillet  2011 jusqu’à plus de six mois après l’institution du Sénat par la loi constitutionnelle n° 033-2012/AN du 11 juin 2012, l’opposition politique sous Monsieur Bénéwendé SANKARA n’a pas fait d’objection à la mise en place du Sénat.

C’est en 2013 que Monsieur Zéphirin DIABRE, après sa désignation comme chef de file de l’opposition politique, a organisé les premières  marches meeting de protestations rien que pour remettre en cause la  mise en place du Sénat. Avec le succès de la mobilisation contre la mise en place du sénat, il a ensuite organisé ses marches meeting contre le sénat et le référendum. Au fur et à mesure que la mobilisation montait en puissance les marches meeting ont été dirigées contre le sénat, le référendum et la modification de l’article 37 de la Constitution pour finalement aboutir le 30 octobre 2014 au saccage de l’Assemblée nationale, à la mort des dizaines de Burkinabè et, à la perte de plusieurs  milliards de francs CFA dans l’économie nationale. Ce qui a poussé le Président Blaise COMPAORE à la démission et à l’exil le 31 octobre 2014.

En vue de pourvoir à la vacance de la Présidence du Faso et de la Présidence de l’Assemblée nationale, Monsieur Zéphirin DIABRE a signé une charte de non droit avec des militaires et des « OSC » pour ouvrir une transition politique controversée qui a abouti en fin 2015 à l’élection de Monsieur Roch Marc Christian KABORE à la Présidence du Faso et de Feu Salifou DIALLO à la Présidence de l’Assemblée Nationale tous deux dirigeants d’un parti politique membre de dernière heure de l’ancienne opposition dont lui Monsieur Zéphirin DIABRE était le Chef de file.

Cette fois-ci, c’est au lendemain de l’adoption de la 9e modification du code électoral par l’Assemblée Nationale le 30 juillet 2018 sans les députés de l’opposition politique qui avaient quitté l’hémicycle en signe de protestation contre certaines nouvelles dispositions du code électoral, que Monsieur Zéphirin DIABRE a annoncé une série de marches meeting de protestations pour empêcher la mise en application des ces nouvelles dispositions légales.

A cette première marche meeting du samedi 29 septembre 2018, Monsieur DIABRE a déclaré entre autres que :

  • Désormais les marches meeting sont de retour au Burkina Faso.
  • Notre mobilisation doit monter graduellement en puissance pour nous permettre d’imposer un nouveau rapport de force.

Avec la réminiscence de l’imposition du rapport de la force le 30 octobre 2014, cette déclaration me donne froid au dos.  A-t-il  encore besoin de démontrer sa force dans la rue avec la grande insécurité au Burkina Faso ?

Je demande à Dieu tout puissant d’apaiser les cœurs et les esprits des uns et des autres afin que la paix revienne au Faso par le dialogue franc et sincère entre tous les Burkinabè.

« ne m’en voulez pas – raa ning’m talé yé – ta ngnigee kam – aou kana djigui n’na »

Ouagadougou, le 04 octobre 2018

Harouna DICKO

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