Production de riz : Les structures publiques à la recherche d’un modèle d’investissement incitatif pour le privé

La production actuelle du riz ne comble pas le besoin de consommation des Burkinabè et le gap à combler « 500 000 tonnes par an », coûte à l’Etat 70 milliards de F CFA en moyenne par an pour l’achat de riz. Pour une autosuffisance alimentaire en riz, le gouvernement veut promouvoir des agro-entrepreneurs à travers des investissements privés agricoles et la modernisation des exploitations familiales. Pour ce faire, un atelier d’échanges entre les structures publiques se tient, à Ouagadougou du 30 août au 1er septembre 2021, pour l’examen du modèle d’exploitation rizicole proposé par les promoteurs privés.

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Quatrième céréale produite au Burkina Faso en termes de superficies et de production, la production actuelle du riz reste néanmoins insuffisante, avec  210 000 tonnes produites en moyenne par an pour un besoin de consommation estimé à environ 750 000 tonnes.

Chaque année, c’est un gap de plus de 500 000 tonnes de riz à importer au Burkina pour satisfaire les besoins alimentaires des populations.  «Cette situation est intenable (…) En effet, ces importations ont coûté au Burkina Faso 73,05 milliards de F CFA en moyenne par an sur la période 2017-2019 pour l’achat de 547 500 tonnes de riz », explique le ministre de l’agriculture, Salifou Ouédraogo.

Alors que le pays dispose d’énormes potentialités avec notamment 233 000 ha de terres irrigables et de 500 000 ha de bas-fonds, ainsi que de grandes retenues d’eau comme le Sourou, Samendeni et Bagré pouvant être mis à profit pour accroître la production du riz.

Salifou Ouédraogo, ministre de l’Agriculture, des Aménagements Hydro-agricoles et de la Mécanisation

Il faut donc rompre avec les anciennes pratiques pour inverser la tendance. « Imaginez-vous que depuis 1960 à nos jours, nous n’avons pu aménager que moins de 20 000 hectares de périmètre en maîtrise totale d’eau. Avec un tel rythme, il nous faudrait encore attendre 250 ans pour voir aménager les 90 000 ha au Sourou, au Samendeni et à Bagré. Alors il nous faudrait oser changer notre approche », clame-t-il.

Il faut donc intégrer les promoteurs privés, les intéresser à investir dans la riziculture. Et cet atelier devra permettre de trouver un modèle de collaboration avec un cadre incitatif et attrayant pour le secteur privé.

Mais d’ores et déjà, pour le ministre, le modèle d’exploitation rizicole porté par les promoteurs privés pourrait être une solution.

Ce modèle d’exploitation est basé sur un partenariat entre l’Etat, les collectivités locales, les producteurs, leurs organisations socio-professionnelles et les partenaires privés.

Il fonctionne sur le principe de l’agrégation qui consiste à rassembler les petits producteurs autour d’un acteur principal disposant d’une forte capacité managériale, financière et technique lui permettant d’améliorer la productivité rizicole.

Dans ce modèle d’exploitation rizicole, le promoteur privé apporte non seulement les investissements nécessaires aux aménagements, y compris les aménagements primaires, mais aussi les ressources pour la mise en valeur effective des périmètres aménagés.

Cette agrégation pourra être matérialisée par une disposition appropriée entre l’Etat et l’agrégateur et par des contrats d’affaires entre l’agrégateur et les agrégés sur les rôles et les obligations des parties prenantes.

Cette activité entre dans le cadre de l’initiative présidentielle qui est de booster la production du riz pour atteindre « 1 million de tonnes par an » à travers la promotion des agro-entrepreneurs à travers la facilitation des investissements privés agricoles et la modernisation des exploitations familiales.

Les résultats de cette rencontre d’examen et d’amélioration du modèle d’exploitation rizicole, très attendus par le gouvernement et les promoteurs privés, selon le ministre,  contribueront à la mise en œuvre du programme de production de riz à travers l’aménagement et la valorisation de 50 000 hectares de périmètres irrigués sur les agropoles de Bagré, de Samendeni et du Sourou . Ce qui permettra aussi de produire  chaque année en deux campagnes 750 000 tonnes et donc de combler le besoin alimentaire en riz des populations.

Ce programme entrepris par le gouvernement nécessite des ressources importantes à hauteur de plus d’1 milliard de FCFA non seulement pour les aménagements mais également pour la mise en valeur de ces aménagements.

Et le ministre de dire que « de telles sommes sont difficilement mobilisables par le budget de l’État dans le contexte actuel de contraintes budgétaires nationales et de réduction des capacités de mobilisation des financements extérieurs, exacerbé par la crise sanitaire de Covid-19 », d’où la nécessite de la contribution des partenaires privés.

L’engouement autour du projet se fait déjà sentir, à en croire le ministre, car ce sont, à ce jour, près de 20 000 ha qui sont déjà des intentions d’aménagements par les promoteurs privés.

Jules Somé, le représentant Pays de l’Alliance pour une Révolution verte en Afrique (AGRA)

La cérémonie d’ouverture de cet atelier a été marquée par l’introduction de la session 2021 du sommet du Forum pour la Révolution Verte en Afrique (AGRF).

Le Burkina Faso participera au forum prévu le 10 septembre 2021, à Nairobi au Kenya, pour rencontrer des partenaires techniques et financiers.

Et pour le représentant Pays de l’Alliance pour une Révolution verte en Afrique (AGRA) au Burkina Faso, Jules Somé, de promettre que des projets importants du Burkina Faso seront présentés à ce sommet pour attirer des investisseurs.

A noter que AGRA existe au Burkina depuis 2006, et accompagne le pays dans la transformation structurelle et inclusive de son agriculture.

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