Démocratie et jeunesse en Afrique : L’analyse du Dr Cheick Tidiane Gadio

Dans le cadre des activités de la 16e édition du Festival Ciné droit libre qui se tient du 4 au 11 décembre 2021 à Ouagadougou, les initiateurs ont organisé un débat démocratique sur le thème : « Quelle démocratie pour nos enfants ? » le lundi 6 décembre 2021 dans la capitale burkinabè.

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Selon Dr Cheick Tidiane Gadio, ancien ministre des affaires étrangères et par ailleurs actuel vice-président du parlement sénégalais, un des panelistes, l’Afrique est en panne. Et elle a besoin de sa jeunesse pour la réparer.

Pour lui, il est inconcevable que le continent potentiellement, le plus riche du monde et qui a un atout que d’autres continents n’en ont pas qu’est sa jeunesse et ne puisse pas disposer d’un leadership qui soit en phase avec ses populations.

A l’entendre, l’Afrique a fait du copier-coller des systèmes démocratiques coloniaux sans s’inspirer des atouts endogènes dont elle dispose. « Parfois, il y a inadéquation entre les systèmes que nous avons choisis et nos réalités socio-culturelles, comment on fonctionne comme Africains. Par essence, nous sommes des peuples de médiation, des peuples qui savent régler leurs conflits, leurs différends pour éviter la violence. Malheureusement, on nous a installés dans des systèmes qui, aujourd’hui ne nous permettent pas de régler nos problèmes », a-t-il déploré.

Dr Cheick Tidiane Gadio a également loué la résilience des femmes africaines qui, selon ses propos ont sauvé le continent depuis la période de l’esclavage. A cet effet, il souhaite qu’elles servent de guides sur d’autres secteurs de nos sociétés.

« Sinon, on serait mort et on n’existerait plus étant qu’Africains. Et chaque fois qu’on a responsabilisé les femmes africaines, elles ont prouvé leurs capacités à faire avancer les choses. Les hommes africains sont en panne, ce sont les hommes qui sont en panne qu’ils acceptent que les femmes puissent prendre le devant sur beaucoup de questions », a-t-il suggéré.

Aux dirigeants africains, Tidiane Gadio dénonce le fait que la jeunesse qui représente plus de 70% de la population mais soit peu représentée dans les sphères décisionnelles notamment dans les gouvernements où elle n’a qu’un seul ministère celui de la jeunesse.

« Vous avez plus 70% de la population jeune dans votre pays, vous créez un gouvernement avec un ministre jeune, vous pensez que vous avez réglé le problème. Ça veut dire qu’un ministre représente 65 à 70% de la population », a-t-il dit. Il propose que les pays africains puissent responsabiliser un tiers de jeunes dans leurs gouvernements.

Willy SAGBE

Burkina 24

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