« J’ai vu Nabié N’Soni qui a tiré sur la tête du président Thomas Sankara » (Issouf Sawadogo)

A la suite de Zidwemba K Francois Claude, c’est Sawadogo Pengdwende Issouf qui était à la barre ce mardi 7 décembre 2021 dans le cadre du procès Thomas Sankara et 12 de ses compagnons.

La suite après cette publicité

Sawadogo Issouf était sergent-chef de l’armée au moment des faits. Une fois à la barre, le tribunal a demandé au témoin de dire tout ce qu’il sait sur la journée du 15 octobre 1987 qui a conduit à l’assassinat du président Thomas Sankara et 12 autres.

« Ce jour c’était un jour de sport. J’ai quitté la maison donc pour le sport, et je suis rentré d’abord au secrétariat. Quelques minutes j’ai entendu des tirs, et là, le téléphone a commencé à sonner quand j’ai voulu décrocher il y a eu des rafales au niveau de la fenêtre. J’ai couru vers la porte pour rejoindre le couloir. Le président était dans son bureau avec les éléments de la réunion. A la sortie, ils ont crié (ceux qui tiraient). Le président est sorti aussi avec ses mains en l’air.

Là j’ai vu Nabié N’Soni qui a tiré sur la tête du président Thomas Sankara et Amidou Maïga Pathé a tiré sur son thorax. C’est en ce moment que j’ai voulu fuir et j’ai vu Hyacinthe Kafando qui venait. Il m’a conduit dans son bureau. Dedans il y avait un crâne humain avec de la cendre et un œuf dessus » a-t-il déclaré.

Face à cette déclaration, le tribunal l’interroge sur ceux qui ont tiré. Le témoin a dévoilé que « c’est Nacoulma et Nabonswendé qui ont envoyé les rafales ». Par la suite, le tribunal a demandé d’après les propos d’un autre qui était dans le bureau de Hyacinthe, que Maïga Pathé a dit « sortez-les, on va terminer le travail avant que ça ne se refroidisse ».

S’il a entendu les mêmes propos, à cette question le témoin a répondu par la négative. Il poursuit que Hyacinthe lui a serré les colles et l’a menacé en ces termes : « Tu n’es pas content pourquoi ? Parce qu’on a tué Sankara ? Si tu n’es pas content, je te remets à mes éléments ».

Le témoin renchérit que quelques minutes après ces incidents, il a eu des vertiges et qu’après, Otis est venu lui donner un coup de poing dans le ventre suite à ça. Quand il est rentré chez lui plus tard, il a dit vomir du sang et faisait des cauchemars sur la scène qu’il a vécue.

Sié Frédéric KAMBOU

Burkina 24

Écouter l’article
publicite


publicite

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page