Sanctions contre le Mali : « Ça peut malheureusement se retourner contre la CEDEAO » (Pr Ousséni Illy)

Le Pr Ousséni Illy, directeur exécutif du centre africain pour le commerce international et le développement (CACID) a donné sa lecture sur la crise malienne le samedi 22 janvier 2022 lors d’une encontre initiée par la société burkinabè de géopolitique. 

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La CEDEAO a adopté des sanctions à l’encontre du Mali sur l’échéance de février pour l’organisation des élections. Pour le Pr Ousséni Illy, directeur exécutif du centre africain pour le commerce international et le développement( CACID), « il y a des bases légales qui permettent à la CEDEAO lorsqu’un membre ne respecte pas les dispositions qui sont prévues ; mais quand on analyse au fond l’ampleur de la sanction et ses impacts sur les populations, ça peut malheureusement se retourner contre la CEDEAO« .

« Les sanctions avaient été prises dans un esprit de remonter la population contre la junte. Mais ce qu’on constate sur le terrain, il y a tout un élan de solidarité qui soutient au-delà même du Mali pour la junte. Je pense que la CEDEAO doit être embarrassée aujourd’hui. Il est clair que les coups d’Etat sont condamnables, mais aujourd’hui on a un coup d’Etat qui est pratiquement adoubé  par la population », explique-t-il.

Pour lui les sanctions pourraient être modérées pour permettre à la CEDEAO de pouvoir à la fois mettre la pression sur les autorités de la transition et également avoir un soutien de la population.

Pour Ousséni Illy, les sanctions prises par la CEDEAO visent l’Etat et les particuliers. Il laisse entendre que la fermeture des frontières empêche les gens de voyager, la restriction des transactions commerciales en dehors des produits de première nécessité, plus de commerce entre les Etats membres de la CEDEAO et le Mali, et les restrictions financières à savoir les transferts d’argent touchent véritablement la population.  

Le Pr conclut que même les sanctions qui touchent l’Etat malien vont avoir des répercussions sur les populations. « Si les avoirs de l’Etat sont gelés, l’Etat peut se retrouver dans les difficultés financières donc incapable de payer les salaires, de financer les programmes sociaux », dit-il.

Pour rappel lors du sommet extraordinaire des dirigeants de la communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui s’est tenu le 9 janvier 2022, des sanctions ont été adoptées en raison du non-respect de l’échéance de février pour organiser des élections.

Comme sanctions, il faut noter la fermeture des frontières entre le Mali et les pays membres de la CEDEAO, le gel des actifs maliens au sein de la Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest, la suspension des transactions sauf pour les produits de première nécessité et pharmaceutiques, coupure des aides financières, rappel des ambassadeurs des pays membres au Mali.

Et dans dans un communiqué, la CEDEAO affirme qu’elles seront progressivement levées uniquement après l’obtention d’un chronogramme satisfaisant finalisé.

Saly OUATTARA

Burkina24 

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