Procès Sankara : « Diendéré peut être poursuivi pour recel de cadavres » (Me Séraphin Somé)

Le procès sur l’assassinat du capitaine Thomas Sankara et 12 autres de ses compagnons a suivi son cours ce jeudi 03 février 2022. Toujours dans la phase des plaidoiries, les avocats de la partie civile détiennent la parole. 

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Les avocats dans leurs passages lors des plaidoiries ont eu la tâche de livrer des éléments qui condamnent les accusés. En suivant l’ordre du jour, Maître Désiré Sebgo a ouvert le bal. Dans son exposé, il a souligné la subornation de témoin dont, le général Gilbert Diendéré serait accusé.

En effet, Gilbert Diendéré avant les faits serait rentré en contact avec Abdramane Zéitenga, témoin dans le procès Thomas Sankara pour le dissuader. Par le biais de Tondé Ninda Pascal dit Manga-Naaba, chauffeur de Diendéré lors des faits, il va dire à Zéitenga de prendre ses précautions que si les choses se passent pas bien il sera déposé à la MACA, renseigne Maître Désiré Sebgo.

Pourtant, lors des dépositions du général Gilbert Diendéré, il a nié être rentré en contact avec Zéitenga Abdramane. Chose qui s’est avérée fausse. Maître Désiré Sebgo va donc demander à la juridiction de le condamner pour subornation de témoin. A sa suite, c’est au tour de Maître Séraphin Somé de lâcher que « Diendéré peut être poursuivi pour recel de cadavres ». 

Dans un premier temps, il avance qu’aucun examen médical légal n’a été fait sur aucun des corps, pour déterminer les causes exactes et les effets des morts. Secundo, il ajoute que les corps n’ont pas été remis aux familles. « Les corps n’ont pas été remis aux différentes familles. Autre constat, les corps ont été enlevés et inhumés en cachette », confie-t-il.

Il va plus loin dans sa démonstration en révélant que les corps n’ont jamais été enterrés, cela du fait de la profondeur de leurs « tombes ».

« Les corps ont été couverts de terre. La profondeur de ce qu’on peut appeler tombe se situait entre 45 à 60 centimètres pour les chanceux », informe-t-il, double décimètre en main pour être plus explicite. Pour lui, cette action était pour les Hommes forts, une manière d’empêcher toute action judiciaire.

<<Sans Elysée Yamba, il n’y a pas ce procès>>, reconnaît Maître Ferdinand N’zepa. A l’entendre, Ilboudo Yamba Elysée est un personnage clé de cet événement historique, du fait que ce dernier a contribué à donner des éléments qui leur ont été d’un grand bien.

<<Sans Elysée, on serait sans la version de ceux qui étaient au conseil de l’entente, et on n’aurait même pas envisagé que les auteurs du complot, les commandos étaient partis de chez Blaise Compaoré. C’est parce qu’Elysée a parlé qu’on sait que le commando est parti de chez Blaise Compaoré pour arriver au conseil, donc sans Elysée Yamba, on ne pouvait pas avancer dans ce dossier>>, a énuméré Maître Ferdinand N’zepa.

Selon lui, c’est après tant d’années de remords que Elysée Yamba a dit devant le tribunal tout ce qu’il a dit. Il appelle donc le tribunal à tenir compte de son geste.

<< Je pense qu’il a eu beaucoup de remords depuis 1987, qu’il a dû devant le juge d’instruction dire ce qu’il avait à dire. Et je pense que c’est un poids qu’il portait depuis des années, et il fallait qu’il se soulage. Et quand on fait cet effort devant les juges, je pense qu’il faut que le tribunal en tienne compte.

Nous sommes dans une procédure où tout le monde est de mauvaise foi, ça c’est le jeu de menteur. On a ceux qui n’assument pas leurs responsabilités, comme Blaise Compaoré. On a ceux qui sont présents, qui ne se souviennent de rien. On en a d’autres qui sont sur le jusqu’au-boutisme, jusqu’au bout, non non non. Or Ilboudo Yamba Elysée a accepté, il a assumé devant le juge d’instruction lors de son audition devant les juges, il a confirmé exactement ce qu’il avait dit>>, a-t-il conclu.

Sié Frédéric KAMBOU

Burkina 24 

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