Relance économique au Burkina Faso : Les propositions d’Erick Telimsein, macroéconomiste en formation

Le Burkina Faso traverse une crise sécuritaire depuis 2016 avec comme corollaire environ deux millions de personnes déplacées internes. Plusieurs localités se sont vidées de leurs populations, des entreprises sont en souffrance avec une montée des prix des produits de première nécessité. Erick Telimsein, macroéconomiste en formation, certifié par l’université de Leiden au Pays-Bas sur l’analyse comparée du terrorisme et président du Réseau africain des jeunes chercheurs, délégation du Burkina (RAJEC-Burkina), propose des actions pour la relance économique et une redéfinition du modèle économique typique Burkina Faso. 

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Burkina 24 (B24) : Au regard de l’insécurité, quelles peuvent être les pistes de solution actuellement au Burkina Faso ? 

Erick Telimsein (ET) : Je ne pense pas que personne ne peut dire qu’il a le remède miracle mais en tant que spécialiste, nous avons le devoir de proposer des pistes de solutions. Pour résoudre le problème de l’insécurité, il faut lancer une reconquête des zones perdues et réinstaller l’autorité de l’Etat dans ces zones. 

Dans ces zones, tous les agents de l’Etat à savoir les enseignants, les infirmiers, les agents de la mairie doivent être formés aux notions militaires. Cela permettra un redéploiement des forces de défense et de sécurité dans chaque village avec un accompagnement des Volontaires pour la défense de la patrie.

Cette présence dans chaque village permettra de garantir la stabilité sécuritaire. Cette stratégie a le mérite de résoudre le problème de l’insécurité à travers la présence militaire dans chaque village. Ce modèle a été utilisé au Cameroun dans la lutte contre Boko Haram ou tous les enseignants, infirmiers et tous les agents de l’Etat  étaient soient des militaires soit des supplétifs et cela a permis de stabiliser la zone.

Toute ces actions permettront aux déplacés de pouvoir regagner leurs contrées et recommencer leurs activités génératrices de revenus et surtout pouvoir recommencer leur production agricole qui permettra de se nourrir et d’augmenter la production nationale et le PIB du pays.

B24 : Au regard de la situation nationale, insécurité combinée à la vie chère, pour vous, quelles sont les actions pour la relance économique au Burkina Faso ? 

ET : Pour relancer l’économie du Burkina Faso, il faudra d’abord assainir l’administration publique, lutter contre le détournement des biens publics en sanctionnant et en montrant l’exemple, sinon aucune stratégie ne portera ses fruits.

Le Burkina Faso a la chance de terminer l’avancée de la période révolutionnaire 1984-1987. Mais pour cela, il faut repenser le développement du pays car en 62 ans d’existence, le Burkina Faso est classé 144/157 sur l’indice du capital humain de la Banque mondiale et 182/189 selon IDH du PNUD.

La meilleure façon, c’est de revoir les fondamentaux du développement et l’idéale c’est d’avoir une politique volontariste de développement et mettant l’accent sur la modernisation de l’agriculture à travers un schéma simple.

Egalement, la création d’un Fonds de diversification de l’économie burkinabè (FDEB) financé grâce à un prélèvement de 10% des recettes de l’or chargé de financer l’économie burkinabè. Ce fonds va financer l’aménagement des zones agricoles et des barrages dans toutes les régions du Burkina Faso et la mécanisation de l’agriculture.

En plus, désenclaver toutes les zones greniers du pays. Toutes ces infrastructures de développement économique et social devraient être réalisées par le génie militaire pour permettre de maintenir la qualité des infrastructures.

La création dans chaque région d’unité de transformation des produits de grande consommation, cela permettra de créer des emplois pour les jeunes.

Enfin, 20% de la production devraient être récupérés par l’Etat à travers la SONAGES pour faciliter l’accès aux couches vulnérables.

Après une expérimentation réussie, les autres secteurs tels que l’élevage et les services pourront bénéficier du mécanisme de ce fonds.

Propos recueillis Jules César KABORE

Burkina24

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