« L’échec du président Damiba serait un échec de la jeunesse » (Lota)

Son engagement politique et même sportif particulièrement en football n’est plus à démontrer ! Abdoul Karim Baguian dit Lota, car c’est de lui qu’il s’agit, s’est prononcé sur plusieurs questions d’actualité nationale notamment sur le fait qu’il n’ait pas été choisi pour siéger à l’Assemblée législative de transition (ALT), la gouvernance du MPSR, le verdict du procès Thomas Sankara et sur le nouveau sélectionneur des Etalons. C’était au cours d’un entretien avec Burkina24, le samedi 23 avril 2022 à Ouagadougou.

A la question de savoir pourquoi, il n’a pas été choisi pour siéger à l’ALT, Lota répond que l’ALT n’est qu’une représentativité. Et tous ceux qui y sont représentent les Burkinabè dans leur ensemble, dit-il. L’objectif, pour lui, est que ces derniers proposent des lois qui contribueront au développement du Burkina.

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« Je tiens à interpeller l’ensemble des Burkinabè et même ceux-là qui sont au niveau de l’ALT, à ce qu’ils sachent que c’est une représentativité. Ils n’ont pas été élus, ils n’ont pas battu campagne. Ce sont les gens qui sont là-bas au nom des 20 millions des Burkinabè.

Ce sont les gens qui sont là-bas au nom de toutes les couches sociales. Ceux qui sont à l’ALT en ce moment, ils sont là-bas au nom de tous les Burkinabè. Que ce soit Lota ou quiconque qui a été désigné au niveau de l’ALT, je ne vois pas le problème.

L’objectif recherché c’est faire de telle sorte qu’au soir de leur fin de mandat, qu’on puisse avoir un bilan positif. Qu’ils puissent voter des lois qui peuvent contribuer au vrai changement de notre pays, qui peuvent contribuer à la restauration des valeurs fondamentales de notre pays pour la satisfaction de tous les Burkinabè », réagit-il.

La gouvernance du MPSR

A propos de la gouvernance du MPSR, Lota soutient que la prise du pouvoir par les militaires « contrairement à ce que certains pensent ou veulent faire croire aux populations », ce n’est pas l’avènement de l’armée ou d’un groupuscule de personnes.

Il poursuit que ce n’est pas l’avènement d’une promotion également. A l’entendre, une promotion ou un groupe d’amis ne peut pas gouverner un pays.

Abdoul Karim Baguian dit Lota

« Tout Burkinabè aujourd’hui qui est épris de paix, de patriotisme et de cohésion sociale doit tout faire pour que les nouvelles autorités puissent bien s’asseoir. Qu’elles puissent avoir la force nécessaire et l’accompagnement nécessaire pour pouvoir répondre aux aspirations de l’ensemble des Burkinabè.

J’aime bien dire, moi, je suis quelqu’un qui a beaucoup de considération et de respect pour l’ensemble des Burkinabè et plus précisément pour nos devanciers, pour tous ceux qui nous ont devancés dans les affaires, dans la politique…

Mais chaque génération doit s’assumer. Chaque génération doit savoir à quel moment être active, et à quel moment ranger les crampons et jouer le rôle d’éclaireur et le rôle de conseiller », lance-t-il.

Pour Lota, l’avènement du MPSR est un nouveau vent pour la jeunesse Burkinabè. Car, souligne-t-il, c’est la génération de 1983 qui était aux affaires jusque-là. Il avance que le temps que ces derniers s’éclipsent et laissent la place à la jeunesse a sonné.

La génération de 1983

« Quand je parle de la nouvelle génération, c’est cette génération qui ne s’est pas ingérée et qui n’a pas été active de 1983 à maintenant. Qu’on le veuille ou pas, certains ne vont pas l’aimer mais c’est leur problème. La majeure partie des composants du Burkina Faso aujourd’hui est issue de la génération de 1980.

Ce sont les gens qui étaient dans les affaires avec le président Jean-Baptiste Ouédraogo, avec le capitaine Thomas Sankara, avec le président Blaise Compaoré et avec le président Roch Kaboré. Et aujourd’hui, il sera malhonnête et méchant de vouloir être encore avec le président Damiba.

Il est temps pour que ces gens-là s’asseyent à la maison et jouer le rôle de baby-sitter auprès de leurs petits-fils et de leurs petites filles, en donnant des conseils à leurs enfants et les encadrer dans leurs activités. Et surtout jouer le rôle de sages et de patriarches », dit-il en ajoutant que leur temps est révolu.

Et de poursuivre : « Je lance un appel à nous qui sommes de la nouvelle génération, à ce qu’on resserre les rangs, à ce qu’on se donne les forces, à ce qu’on lie des forces pour barrer la route à ces comportements belliqueux et inopportuns qui font réduire la nouvelle génération.

Aujourd’hui, l’échec du président Damiba et de son équipe, ce serait un échec générationnel, ce serait un échec de la jeunesse, un échec de la relève du Burkina Faso.

Aujourd’hui, nous qui sommes issus de cette génération, nous devons tout faire, nous devons être volontaires sur le terrain pour permettre au MPSR et à son équipe de pouvoir répondre aux aspirations de tous les Burkinabè », appelle-t-il.

La sécurité

Concernant le volet sécuritaire, Lota note une amélioration de la situation. « Il y a une grande amélioration dans le sens où il y a une grande fermeté sur le terrain. Pas plus tard qu’hier, on a tous vu l’arrivée du convoi humanitaire à Djibo, c’est un signal fort », affirme-t-il. Un autre motif d’amélioration de la situation sécuritaire selon lui, c’est le retour du trafic sur l’axe Ouahigouya-Titao.

S’agissant du procès Thomas Sankara, Lota dit que c’est un procès inopportun. Un procès qui divise, à l’en croire. « Je ne suis ne pas en train de dire que je ne compatis pas avec la famille du président Thomas Sankara. Puisque c’est un Burkinabè, c’est un humain. Je suis un chef de famille, je sais ce que ça fait de perdre un proche.

Mais de la même manière que le président Thomas Sankara a été assassiné, le président Thomas Sankara a endeuillé des familles aussi. Qu’on en veuille pour preuve, c’est le président Thomas Sankara qui fait venir le mercenaire, le sanguinaire, je m’excuse du terme mais c’est ce qui est là, Vincent Siguié. 

C’est le président Thomas Sankara qui l’a repêché, même s’il savait qu’il était recherché. Il était son garde du corps et faisait le sale boulot pour lui. Allez demander à la famille Tiendrébéogo, la famille de Gabriel Yoda Somé et Fidèle Guébré, tous assassinés sous le président Thomas Sankara », soutient-il.

Sur le nouvel entraîneur des Etalons, Lota estime que c’est quelqu’un qui connait le football africain pour avoir coaché la sélection togolaise et certains grands clubs du continent tels que le TP Mazembe. Mais il déplore la crise actuelle au sein de la Fédération Burkinabè de football, qui risque d’empiéter sur le travail de Hubert Velud.

Willy SAGBE

Burkina24

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