Burkina : Les Elèves professeurs agrégés du secondaire tirent la sonnette d’alarme

Les Elèves professeurs agrégés du secondaire se disent « les grands oubliés de l’éducation burkinabè ». En effet, réunis devant le ministère de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales (MENAPLN) ce mardi 10 mai 2022, ils ont voulu « attirer l’attention de l’autorité et celle de l’opinion publique sur leur situation » qui perdure depuis plusieurs mois.

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« A quand la rentrée scolaire des élèves professeurs agrégés du secondaire ? Trop, c’est trop ! Les Elèves professeurs agrégés du secondaire : les grands oubliés de l’éducation burkinabè », a-t-on pu lire sur banderole et pancarte que tenaient une poignée d’Elèves professeurs agrégés du secondaire devant le ministère de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales (MENAPLN).

Euloge Koulibaly, Enseignant de philosophie, s’est fait le porte-voix de la promotion. « Nous sommes actuellement en mi-mai alors que notre promotion a été recrutée depuis septembre 2021. Cela veut dire que comme toutes les autres écoles, nous devrions faire notre rentrée scolaire en octobre.

Mais vous voyez que l’année scolaire est en train de tirer vers sa fin et nous n’avons pas encore effectué notre rentrée scolaire. Raison pour laquelle nous sommes là ce matin pour attirer l’attention de l’autorité sur notre situation », a-t-il indiqué.

Et d’ajouter qu’une telle mobilisation n’est pas la première. « Cette manifestation n’est pas la première parce que nous avons eu à faire une conférence de presse avant. Nous avons développé des initiatives pour pouvoir rencontrer les autorités à différents niveaux pour essayer de comprendre ce qui bloquait notre situation.

Mais, jusque-là, nous n’avons pas encore la raison exacte qui fait que notre rentrée n’est pas effective. Nous sommes là pour essayer d’attirer l’attention de l’opinion publique sur notre situation », a-t-il dit en sus.

Droit à la formation

La promotion qui a tiré la sonnette d’alarme, a également pensé que dans leur cas, il ne s’agit pas d’un syndicat qui est formé, mais d’une promotion d’un corps. En conséquence, elle dit ne disposer d’aucune plateforme revendicative.

« Mais nous estimons qu’en tant que citoyens, nous avons le droit d’être formés. La loi 081 dispose qu’après avoir obtenu un concours, on doit suivre une formation, et cette formation tarde à venir », a fait avoir Euloge Koulibaly pour qui cela pose des inquiétudes graves.

« Cela pose des inquiétudes graves parce que nous nous demandons, si l’année finit, finalement en termes de carrière, comment cela va être pris en compte ? Ensuite, même si nous décidons de commencer actuellement, comment nous allons faire pour pouvoir finir les contenus que nous devons apprendre ? », s’est-il questionné.

Urgence! 

« C’est vrai que nous sommes disposés à la flexibilité, mais nous estimons que les choses urgent », a en outre dit M. Koulibaly avant d’informer d’une demande d’audience qui a été déposée devant leur ministre de tutelle depuis le 15 avril et qui est restée sans suite.

« Donc, c’est comme si nous avons le dos au mur », a-t-il insisté. Issus de toutes les provinces du pays, la promotion, des dires du porte-parole, compte 60 élèves professeurs répartis dans sept disciplines.

Aussi a-t-il rappelé les dispositions du concours et qui ont fait que certains de leurs collègues n’ont pu y prendre part. « Le concours disposait qu’il fallait obtenir un CAPES, avoir une ancienneté de cinq ans et avoir une Licence académique. Mais dans certaines disciplines, il n’y a pas de Licence académique.

Donc, les collègues d’EPS n’ont pas pu prendre part au concours. En plus de cela, au niveau de l’enseignement technique, les collègues n’ont pas pu faire le concours », a-t-il expliqué. Pour lui, il est impérieux que le concours soit ouvert à tous les corps.

Les Elèves professeurs agrégés du secondaire disent ne pouvoir qu’interpeller l’autorité. Et « continuer à demander à nos camarades de rester mobilisés, déterminés pour exiger de l’autorité que la formation commence ».

Ils disent également rester des citoyens. Donc, préviennent-ils, « si l’Etat en vient à brimer nos droits, nous estimons que nous sommes dans une démocratie qui travaille à ce que le droit soit dit. Il n’est pas exclu que si cela perdure, en tant que citoyens, nous chercherons à ce que le droit soit dit ».

En tant que travailleurs, ils disent appartenir à des organisations syndicales. « Alors, tout naturellement, si la situation perdure, ces organisations vont porter nos problèmes et faire en sorte que les intérêts matériels et moraux des travailleurs qu’ils défendent soient respectés », a laissé entendre Euloge Koulibaly.

Tambi Serge Pacôme ZONGO

Burkina 24 

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Serge Pacôme ZONGO

Tambi Serge Pacôme ZONGO, journaliste s'intéressant aux questions politiques et de développement durable.

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