Musique : « Le meilleur remède pour la voix, c’est le repos » (Bil Aka Kora)

« TROUVE TA VOIX ». C’est une série de formations sur l’émission de la voix, la technique de respiration, la composition musicale… initiée par l’artiste musicien burkinabè Bil Aka Kora au profit des artistes et tous ceux qui usent de leurs voix dans divers domaines. La première session est en cours du 18 au 29 juillet 2022. Pour mieux appréhender les contours et les motivations de l’initiative, une équipe de Burkina 24 a eu un entretien teinté d’astuces et de conseils avec le « Roi du Django ». Les détails à travers les lignes qui suivent.  

La suite après cette publicité

Burkina 24 : Présentez-nous le projet « TROUVE TA VOIX »

Bil Aka Kora : Le projet « TROUVE TA VOIX » est une série de formations qu’on a initiée. Depuis quelques années, moi, je forme pas mal de personnes sur le travail vocal, la technique de respiration, l’émission de la voix. Plus de détails dans l’élément vidéo. 

Aussi, sur comment mieux comprendre les tempos, bosser les gammes majeures, gammes mineures. Ça s’adressait au début à des jeunes chanteurs ou des chanteurs déjà qui font carrière mais qui ont envie de travailler et d’améliorer leur voix.

J’ai ramené ça. On va le faire en plusieurs sessions. Donc, c’est la première session qui démarre maintenant, du 18 au 29 juillet 2022. 10 jours de travail et c’est 3 heures par jour avec une dizaine d’élèves au maximum. Il s’agit pratiquement de travailler la respiration pour le chant.

Bil Aka Kora en pleine répétition avec les inscrits à Shamar Empire

Travailler pour mieux comprendre le tempo, travailler le placement de la voix, toutes les zones phonatoires qu’on a ; travailler la diction ; faire du vocalisme classique pour comprendre les intervalles pour ce qui est la différence entre les différents types de gammes et mieux comprendre les harmonies quand on accompagne un artiste. Mais aussi la technique de composition après ; savoir à partir d’un texte comment on peut trouver une mélodie.

Donc, on fait une première session et dans trois (03) mois, ça sera la deuxième session. Ça veut dire que ceux qui ont participé à la première session reviennent au bout de trois mois. Parce qu’il y a plusieurs types de chants. Par exemple il y a les Hotline, il y a les chants Gospel, il y a les classiques et ça se travaille différemment.

Burkina 24 : Comment les cours s’organisent pratiquement ?

Bil Aka Kora : J’ai l’habitude de le faire à titre individuel. Il y a des gens qui ont besoin d’un travail individuel. Je travaille avec des journalistes pour la voix, je travaille avec les hommes politiques aussi pour le discours, je travaille même avec des étudiants qui soutiennent pour la présentation.

Je travaille surtout la plupart du temps avec des musiciens dont certains sont déjà professionnels et qui veulent travailler la voix pour s’améliorer et corriger quelques lacunes. Donc, ça peut être un cours personnalisé, selon mon temps, on s’arrange sur les horaires puis on travaille. 

Burkina 24 : D’où vient la motivation d’initier cette formation ?

Bil Aka Kora : Moi, j’ai toujours aimé le travail vocal. Avant même que je ne sors un album dans les années 87, j’ai suivi les premiers cours de travail vocal et la respiration avec une chanteuse de Jazz Belge.

A partir de ce moment, je me suis intéressé à tout ce qui est technique de respiration et de l’émission de la voix. J’ai fait quelques stages, et puis dans les années 2000, 2005, moi-même j’ai commencé à donner des cours à d’autres. C’est comme ça que petit à petit, je me suis amélioré sur le travail vocal.

Mais au Burkina ici, malheureusement, on n’a pas une culture de chant de chorale comme dans les pays côtiers. La plupart des gens chantent comme ça, après arrivés à un moment donné, ils ne comprennent pas bien ce qui se passe derrière.

Quand on est chanteur, c’est normal de comprendre comment les autres musiciens jouent. La guitare, la batterie, le piano, comment ça s’accompagne pour mieux s’approprier sa propre musique. Parce que parfois, on va juste avec un bout de mélodie et c’est d’autres qui composent l’instrumental et on chante.

Burkina 24 : Pratiquement, comment trouver sa voix ?

Bil Aka Kora : Il y a la façon de respirer pour éviter le choc ; comprendre mieux les zones phonatoires ; les syllabes, avoir une bonne diction ; savoir un A resonne comment, un O où est-ce qu’on le place le mieux, un E, un I pour juste pouvoir porter réellement sa propre voix, au lieu d’imiter quelqu’un ou d’aller dans d’autres sons.

On n’a pas les mêmes longueurs de langue. Mais c’est de comprendre son propre corps, comment on émet un son et puis mieux comprendre sa propre voix et surtout la respiration. La respiration, c’est comme la fondation d’une maison et tout passe par la respiration. Ça veut dire quand on respire mal, on n’arrive pas à tenir les notes plus justes et plus longues.

Ce qui concerne les Hommes politiques ou ceux qui ont l’habitude d’utiliser la voix, c’est la projection déjà. La voix c’est le volume qu’on émet, c’est l’intensité qu’on met selon ce qu’on veut faire comprendre aux gens. Comment on respire, quand il y a un point, quand il y a une virgule, c’est tout ça on travaille.

 Burkina 24 : Des astuces pour conserver sa voix ?

Bil Aka Kora : Le meilleur remède pour la voix, c’est vraiment le repos. Bien se reposer, éviter de beaucoup se goder. Mais, il faut se dire que le plus important pour la voix, les cordes vocales sont comme des muscles.

Donc ça besoin d’être entrainé. C’est s’exercer même quand on devient professionnel. Avoir l’habitude de s’entrainer tous les jours. Prendre quelques 15, 20 minutes le matin, technique de respiration, émission de la voix, mettre ses organes droits avant de sortir.

Ensuite, il y a quelques astuces quand on est beaucoup sur scène, et qu’on a plusieurs concerts intenses il y a le miel, du sel dans l’eau qu’on gargarise pour mieux reposer ses cordes vocales avant de dormir. Mais tout ça c’est aléatoire. La vraie astuce pour le travail, c’est d’économiser sa voix. Quand on a un concert de prévu, éviter de trop parler et de sortir aller en boite par exemple où sa parle fort.

Burkina 24 : Les erreurs que commettent les artistes souvent… ?

Bil Aka Kora : Il y a des chanteurs qui la plupart commencent à chanter, ils ne connaissent pas leur registre. Le registre d’un chanteur, c’est la note la plus basse à la note la plus haute que l’artiste peut faire. Donc, quand on ne connait pas son registre, il peut arriver que les instruments qu’on joue nous emmènent à forcer la voix, et on a tout temps la voix cassée et on ne comprend pas. Plus d’astuces dans l’élément vidéo. 

C’est mieux de comprendre son registre. Comme ça quand on propose une chanson et qu’on joue c’est trop haut, tu demandes de baisser la tonalité pour mieux comprendre. Ç’est quelque chose qui permet de ne pas trop bouziller les cordes vocales. Et c’est tout le travail qu’on fait déjà.

Burkina 24 : Qu’est-ce qui est réservé aux élèves après la formation ?

Bil Aka Kora : Parmi les inscrits il y a d’autres qui ont déjà des albums. Il y a une chanteuse qui a déjà son album, mais elle est là pour travailler et se préparer à faire du live. Il y a deux qui sont en production, c’est leur manager Papus qui me les a envoyés pour qu’ils travaillent.

Moi mon rôle ce n’est pas de les accompagner après. Moi, je fais juste le travail technique pour que la personne puisse travailler chez elle après. Pour ne pas se fatiguer les cordes vocales, apprendre à mieux respirer, pouvoir prester en live et pouvoir mieux comprendre ce qui se passe quand ils sont sur scène. C’est ça mon job.

Bil Aka Kora et l’équipe de la première session de « Trouve ta voix »

Mais bien sûr quand on fini cette session de formation, comme nous sommes en collaboration avec SHAMAR EMPIRE, s’il y a ceux qui sont plus en vue, il y aura peut-être la possibilité de les prendre en production, mais je laisse ce travail aux managers et aux producteurs.

Interview réalisé par Akim KY

Burkina 24

Écouter l’article
publicite


publicite

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page