« Nous nous battrons jusqu’au reclassement du dernier Assistant d’éducation » (Thomas Nayaogué)

Des Assistants d’éducation réunis au sein du Mouvement pour le reclassement des Assistants d’éducation dénoncent des insuffisances du statut particulier des métiers de l’éducation et de la formation, ce mardi 26 juillet 2022 à Ouagadougou.

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Ils sont au nombre de 1800 Assistants d’éducation dont leur corps a été mis en voie d’extinction depuis 2020. Si le  Ministère de l’Education Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales (MENA/PLN) avait donné trois ans pour les reclasser, les agents sont toujours dans l’attente d’une mesure dans ce sens.

L’atelier de relecture du statut particulier du métier de l’éducation, tenu du 10 au 17 juillet 2022 à Koudougou n’a pas pris en compte les doléances des Assistants d’éducation. Ces derniers disent être entrés en contact avec les autorités du MENA/PLN) qui avancent des raisons non convaincantes selon les agents.

« C’est malheureux »

Entre autres, le MENA ne recrute ni n’abrite en son sein des agents de catégorie C, aussi la loi 081 à son article 21 qui ne permet plus le reclassement sans passer par un concours professionnel sont brandis par les autorités.

Si, en plus de ces raisons évoquées, s’affile la question budgétaire, tout ceci n’est qu’une manœuvre pour bloquer expressément la carrière des agents, selon Thomas Nayaogué, le coordinateur du Mouvement pour le reclassement des Assistants d’éducation.

Thomas Nayaogué, le coordinateur du Mouvement pour le reclassement des Assistants d’éducation

Ces fonctionnaires de catégorie C qui attendent d’être reclassés en catégorie B en tant qu’Attachés d’éducation peinent à retrouver le sourire. Cependant, ils disent abattre un double travail mais manque de reconnaissance. « Avancer la question budgétaire et dire qu’ils ne peuvent pas envoyer 1800 agents en catégorie supérieure car il y aura l’incidence financière, c’est malheureux.

Si l’agent lui-même est en difficulté, ça va de soi que le résultat sur le terrain ne sera pas bon. Beaucoup sont stressés, frustrés et ça ne permet pas à ces agents d’être efficaces sur le terrain », a exprimé Claude Bado, membre du Mouvement.

« Nous voyons qu’il n’y a pas la volonté »

« Vous allez voir des assistants d’éducation qui se retrouvent seuls dans un lycée de 11 classes. C’est lui qui est à la fois l’assistant d’éducation, l’attaché d’éducation, et le conseiller d’éducation et il n’est pas récompensé. Et là-bas, la loi 081 ne voit pas de problème.

 Quand il s’agit de reclassement parce que le travail de l’assistant d’éducation est comparable à celui de l’attaché d’éducation, on trouve qu’il y a problème. Or, nous avons suivi les modules à l’école et on fait le même travail. Nous voyons qu’il n’y a pas la volonté », proteste Thomas Nayaogué.

Le mécanisme d’absorptions actuel proposé par le gouvernement est le concours professionnel avec 50 recrus par session. La mesure est loin de résoudre le problème car le ratio laisse voir qu’il faut 38 ans pour pouvoir absorber l’effectif. Et les agents craignent de se voir assigner à la retraite en demeurant assistants d’éducation.

Thomas Nayaogué et ses camarades réclament alors un mécanisme spécial de recrutement afin de faire passer tous les Assistants d’éducation sur le terrain en catégorie B. « Nous nous battrons jusqu’au reclassement du dernier Assistant d’éducation », a-t-il conclu

Akim KY

Burkina 24 

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