Burkina Faso : Vers une traduction en langues nationales du décret sur l’interdiction du travail des enfants

Ce mardi 15 novembre 2022 s’est tenue à Ouagadougou l’ouverture de l’atelier de validation de la traduction du décret portant détermination des listes des travaux dangereux interdits aux enfants en langues nationales moore, dioula, fulfulde, gulmatchema et dagara. Ce décret vise à définir les tâches qui sont dangereuses pour les enfants. Cet atelier permettra d’examiner et d’amender les projets de cette traduction qui sont soumis afin d’assurer leur conformité. 

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Dans le but de mettre fin au travail des enfants, le gouvernement a procédé à la réforme de la réglementation nationale à travers l’adoption de plusieurs textes. Parmi ces textes, figure le décret portant la détermination de la liste des travaux dangereux interdits aux enfants et l’arrêté portant dérogation à l’âge minimum d’accès à l’emploi.

Traduction dans cinq langues nationales

En vue de rendre accessibles ces textes qui sont pour la plupart rédigés en français, le ministère de la fonction publique, du travail et de la protection sociale a procédé à la traduction en cinq langues nationales à savoir le moore, le dioula, le fulfulde, le gulmatchema et le dagara.

Isso Bazié, directeur de la lutte contre le travail des enfants
Isso Bazié, directeur de la lutte contre le travail des enfants

Selon Isso Bazié, directeur de la lutte contre le travail des enfants, l’objectif général de cet atelier est de traduire le décret 2016-504/PRES/PM/MFPTPS/MS/MASSN portant détermination de la liste des travaux dangereux interdits aux enfants en langue moore, dioula, fulfulde gulmatchema et dagara.

« Le Burkina est partie prenante de l’adoption de la convention 138 sur l’âge minimum d’accès à l’emploi et de la convention 182 sur les pires formes du travail des enfants. Conformément à ces conventions, le Burkina en tant que pays membre de l’OIT ayant ratifié cette convention devait adopter un décret pour déterminer la liste des travaux dangereux qui sont interdits aux enfants de moins de dix-huit ans.  

C’est en ce sens qu’en 2009, le Burkina avait adopté un premier décret et ce décret demandait que sa révision soit faite tous les 05 ans. En 2016, ce décret a encore été révisé pour pouvoir revoir certaines tâches qui en réalité au départ n’étaient pas des tâches difficiles pour les enfants mais qui sont redevenues assez dangereuses pour les enfants. C’est pourquoi ce décret a été adopté pour pouvoir définir les tâches qui sont dangereuses pour les enfants », a-t-il laissé entendre.

Les participants à l'atelier
Les participants à l’atelier

A l’en croire, les tâches définies comme dangereuses sont classées par secteur d’activité et c’est dans ce sens que beaucoup de tâches ont été identifiées comme des travaux, que les enfants ne doivent pas exécuter.

Ces secteurs d’activités sont entre autres le secteur de l’orpaillage surtout artisanal. Par ailleurs, il a ajouté qu’au niveau agricole les enfants ne doivent pas manipuler les pesticides et la traction animale est interdite pour les enfants.  

Le choix des langues choisies

Pour ce qui concerne le choix des langues, Isso Bazié a indiqué que le gulmatchema et le dagara ont été introduit dans la traduction du décret car elles sont parlées dans la région de l’est et du sud-ouest. Aussi, ces deux régions sont en proie soit à des attaques terroristes ou encore ont une forte prédominance à l’orpaillage et à l’agriculture. « Nous avons opté dans le cadre de traduction d’inclure le goulmatchema et dagara. 

Le goulmatchema est une langue parlée dans la région de l’Est. Étant donné que cette région est en proie aux attaques terroristes avec une probable implication des enfants, la traduction permettra à la population de la localité de mieux s’approprier la réglementation afin de contribuer efficacement à la lutte contre les pires formes de travail des enfants », a-t-il confié.

Aminata Catherine SANOU 

Catherine KOURAOGO (Stagiaire) 

Burkina24 

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