Marché des produits de santé sexuelle et reproductive : Le privé se fait encore attendre

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Le marché des produits de santé sexuelle et reproductive au Burkina Faso est tributaire d’un certain nombre de difficultés mettant à rude épreuve sa capacité de résilience face aux différents chocs. Une récente étude menée par un consortium dirigé par RESADE (Recherche pour la Santé et le Développement), RAME (Réseau d’Accès aux Médicaments Essentiels), R4D (Results for Development) dans le cadre du projet  SEMA Reproductive Health révèle des freins importants à l’accès équitable à des produits de santé sexuelle et reproductive (SSR) de qualité et abordables pour les communautés. 

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SEMA reproductive health est un projet innovant qui vise à transformer les marchés de SSR pour que les communautés aient un accès durable à des produits de qualité et durables. Pour y arriver, quoi de plus normal que de sonder d’abord le marché des produits SSR afin de déceler ses insuffisances et par la suite y apporter les solutions. C’est tout l’intérêt de l’évaluation conduite par RESADE et ses partenaires de juin 2022 à juillet 2023. 

Résultats de l’évaluation du Cadre pour des marchés sains de SEMA (première version) pour le Burkina Faso

A l’analyse des résultats, l’étude révèle une dépendance primaire à l’égard des ressources des donateurs pour le financement des produits contraceptifs. Toute chose qui compromet la durabilité et accroît la vulnérabilité aux fluctuations du financement. Ces aspects remettent en question la résilience du marché au cours des trois à cinq prochaines années si les ressources nationales ne sont pas mobilisées, alertent les experts ayant conduit l’étude.

 L’étude révèle aussi un engagement limité du secteur privé. Selon Dr. Noélie Konseibo du RESADE, le secteur privé est actuellement une ressource sous-exploitée pour ce qui concerne l’accès à la SSR, la demande de soins étant minime dans les établissements du secteur privé. 

En effet, selon toujours cette étude, les produits de SSR devraient être accessibles dans les établissements du secteur public, des ONG et du secteur privé dans tout le pays, dans les zones rurales comme dans les zones urbaines. Cependant, la majorité des demandes de soins de SSR se font dans le secteur public/ONG, par rapport au secteur privé qui ne dessert que 6% des utilisateurs de contraceptifs, bien qu’il représente 13% des établissements de santé du pays.

Un marché potentiel à prospecter par les firmes locales

Un autre résultat de l’étude montre que le marché des produits contraceptifs au Burkina Faso est caractérisé par un nombre limité de fabricants, ce qui nuit à la sécurité et à la qualité de l’approvisionnement.

« Nous n’avons pas beaucoup de fabricants de produits de SSR au Burkina alors que c’est vraiment un élément que l’on pouvait développer pour ne pas dépendre des fabricants extérieurs », regrette Dr. Noélie Konseibo. A titre d’exemple, seul PROPHARM, spécialisé dans la production de produits pharmaceutiques a été identifié comme une entreprise locale s’intéressant au marché des produits de santé sexuelle et reproductive. 

Dr. Noélie Konseibo, membre de RESADE

L’étude indique en outre que le manque de données sur les préférences des consommateurs empêche de prendre des décisions éclairées et de planifier l’achat, l’approvisionnement, le financement et l’adoption d’innovations.

 Enfin, des lacunes ont été relevées dans les fondements essentiels du marché qui entravent la coordination et le partenariat. « Notre étude a prouvé qu’en matière de base institutionnelle, d’outils d’analyse, au niveau du Burkina Faso on peut encore les améliorer puisque on trouve qu’il n’y a pas suffisamment de cadres focus sur le marché des produits de santé sexuelle et reproductive », explique le médecin de santé publique Noélie Konseibo.

Promouvoir la fabrication locale…

Pour remédier aux lacunes révélées dans l’étude, plusieurs recommandations ont été formulées parmi lesquelles l’élaboration d’une stratégie nationale de mobilisation des ressources nationales et des donateurs qui devrait inclure la manière d’exploiter plus efficacement les possibilités de financement des donateurs pour l’approvisionnement en produits de SSR.

Les experts recommandent aussi l’implication des acteurs clés du secteur privé dans les groupes de travail et les forums techniques existants afin qu’ils développent conjointement une analyse de rentabilité en vue d’une participation accrue au marché de la SSR et la conception et la mise en œuvre des politiques visant à promouvoir la fabrication locale et/ou régionale de produits de SSR. Ces politiques pourraient inclure des incitations fiscales et aider les fabricants locaux à obtenir la pré-qualification de l’OMS, entre autres initiatives.

Le projet SEMA Reproductive Health, faut-il le rappeler, a été créé pour transformer les marchés publics et privés des produits de SRR. SEMA envisage un monde où les marchés de la SSR dans les pays à faible revenu sont sains, équitables et résilients. Dans ce monde futur, toutes les personnes, en particulier les femmes et les adolescentes, pourront accéder aux produits de SSR dont elles ont besoin.

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